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Date de création : 24.01.2011
Dernière mise à jour : 21.05.2013
545articles


CHANT FUNEBRE D'UN REPRESENTANT

Publié le 21/05/2013 à 10:48 par escapadeautomnale
CHANT FUNEBRE D'UN REPRESENTANT

Retour de pêche

 

 

 

CHANT FUNEBRE D'UN REPRESENTANT

 

 

 

Mouvement des navires

mouvement des marées

 

 

 

Tu t'étais fait attendre

pendant des jours entiers

A la porte du Sept

le garçon a frappé

il m'a donné la lettre

et puis tout a tourné

 

 

 

Mouvement des navires

mouvement des marées

 

 

 

J'avais le mal de mort

et sans même en mourir

comme d'autres le mal de mer

sans pouvoir le vomir

Rien qu'en voyant l'enveloppe

j'avais tout deviné

dans la lettre de ta soeur

ton sort était marqué

 

 

 

Mouvement des navires

mouvement des marées

 

 

 

Alors je suis sorti

sans même me laver

et puis j'ai remonté

la rue de la Gaîté

et dans l'avenue du Maine

j'ai pris un verre de rhum

et le patron m'a dit

histoire de rigoler

Le petit verre du condamné

Il ne croyait pas si bien dire

cet homme qui savait rire

 

 

 

Mouvement des navires

mouvement des marées

 

 

 

A la gare Montparnasse

la gare que tu aimais

j'ai pris un ticket de quai

Je suis resté longtemps

à errer dans la gare

et je ne pensais qu'à ta vie

 

 

 

Mouvement des navires

mouvement des marées

 

 

 

Colliers de coquillages

bals de Vaugirard et de Saint-Guénolé

et le pas de tes pieds

sur le sable mouillé

toujours je l'entendais

et les quais étaient balayés

à intervalles réguliers

par les feux du phare de Penmarch

 

 

 

Mouvement des navires

mouvement des marées

 

 

 

Ton sort c'était hier

Le mien c'est pour demain

et ta robe neuve et rouge

quand tu l'enlevais

jamais je n'oublierai

tout ce que tu disais

toi qui souriais toujours

comme seul sourit l'amour

Tu vois c'est le rideau d'un théâtre

et j'espère que toujours le spectacle te plaira

quand le rideau se lèvera

 

 

 

Mouvement des navires

mouvement des marées

 

 

 

Fraises de Plougastel

crêpes de sarrasin

hier c'était hier

oh que serai-je demain

 

 

 

Mouvement des navires

mouvement des marées

 

 

 

Oh je ne vendrai plus

des souvenirs de vacances

des boîtes en coquillages

et des coquilles Saint-Jacques

le paysage dedans

Je vendrai des vieux sacs

je vendrai des cure-dents

horaire itinéraire

Finistère Finistère

tout ça c'est déchiré

 

 

 

Mouvement des navires

mouvement des marées

 

 

 

 

Jacques Prévert

 

 

 

HONORE DE BALZAC - DANS LE MONDE

Publié le 20/05/2013 à 11:29 par escapadeautomnale
HONORE DE BALZAC - DANS LE MONDE

Balzac, par Louis Boulanger

 

 

 

BALZAC DANS LE MONDE

 

      Pour ses débuts dans le monde Balzac se met en frais de toilette. Et d’abord : il ne faut pas se présenter comme M. Balzac tout simplement ; ça sonne trop mal, trop bourgeois dans le noble Faubourg. Balzac bluffe donc en s’attribuant de sa propre autorité une particule. A partir de La Peau de chagrin tous ses livres paraissent sous le nom de « de » Balzac et malheur à celui qui ose contester ce titre. Il lui donne à entendre que c’est pure modestie s’il se nomme simplement «de Balzac » puisqu’il descend du marquis d’Entraigues. Et pour rendre la chose plus plausible encore il fait graver sur ses couverts et peindre sur son carrosse ce blason d’emprunt. Après quoi il modifie de fond en comble son genre de vie. On ne prendra Honoré de Balzac pour un grand écrivain, raisonne-t-il, que s’il se présente d’une façon digne de sa situation. On ne prête qu’aux riches et dans un monde où seule compte l’apparence, il faut donc se donner l’apparence de posséder beaucoup pour recevoir beaucoup. Si un M. de Chateaubriand est propriétaire d’un château, si Girardin a deux chevaux de selle, si même un Jules Janin ou un Eugène Sue roulent carrosse, il faut bien qu’Honoré de Balzac ait un tilbury, avec, derrière, un laquais en livrée, pour qu’on ne le prenne pas pour un petit scribouillard. Dans la rue Cassini on s’installe au second étage, on se procure un mobilier de luxe et il ne faut pas qu’un élégant quel qu’il soit puisse dire qu’il est plus richement et plus chèrement vêtu qu’Honoré de Balzac. Pour son habit bleu il se fait faire, sur commande, des boutons d’or ciselés ; il faut que le brave Buisson lui taille à crédit les gilets de soie et de brocart les plus coûteux. Et c’est ainsi, sa crinière de lion couverte d’une couche épaisse de cosmétique, un petit face-à-main coquettement tenu entre les doigts, que le nouvel auteur pénètre dans les salons parisiens « pour se faire une réputation », comme s’il ne s’était pas déjà assuré par ses œuvres la conquête du monde et de la postérité.

 

***

 

Mais quelle déception ! La « réputation » que Balzac se fait dans la société parisienne en s’y présentant en personne a un effet vraiment désastreux pour sa véritable réputation. Les essais de Balzac pour se donner l’allure d’un élégant ne seront, durant toute sa vie, qu’un perpétuel échec. Et d’abord les salons où il est admis ne sont pas encore ceux du Faubourg Saint-Germain, les palais des grandes ambassades, mais seulement les salons littéraires de Mme Delphine Gay et de sa fille Mme de Girardin, le boudoir de Mme Récamier, les salons de dames qui, parce que l’aristocratie officielle se tient à l’écart, veulent lui faire concurrence au moyen de l’aristocratie littéraire. Mais même dans ces cercles moins exigeants l’élégance pompeuse, prétentieuse, forcée, fait un effet catastrophique. Petit-fils de paysans, fils de bourgeois, incurable roturier, Balzac a une telle corpulence qu’il ne saurait, rien que pour cela, espérer se donner une silhouette et une allure aristocratiques. Il n’est pas de tailleur à la cour, pas de Buisson, pas de boutons en or, pas de jabot en dentelles qui puisse faire paraître distingué ce gras plébéien aux joues rouges, taillé à la hache, qui parle fort et sans discontinuer et s’introduit dans tous les groupes pour y éclater comme un boulet de canon. Il a un tempérament bien trop exubérant, bien trop excessif pour s’adapter à des manières discrètes et retenues. Vingt ans plus tard Mme de Hanska se plaindra encore de ce qu’il fourre en mangeant son couteau dans la bouche, de ce que ses bruyantes vantardises portent précisément sur les nerfs des gens qui seraient le mieux disposés à l’admirer. Elle lui reprochera son rire retentissant, sa loquacité débordante et passionnée qui coupe la parole à tout le monde. Seul un oisif, seule une nature tournée vers le dehors, trouvera assez de temps et de persévérance pour ne jamais se départir du souci de l’élégance - ce qui, en soi, constitue un art ; un Balzac qui s’est tout juste arraché à son travail pour une heure, trahit manifestement la hâte dans son accoutrement. Les couleurs de son habit et de son pantalon jurant ensemble, mettaient Delacroix au désespoir et à quoi sert le lorgnon d’or si les ongles des doigts qui le tiennent sont sales ; si les lacets de souliers se balancent dénoués sur les bas de soie ; à quoi sert le jabot si la graisse dont la crinière est empommadée dégoutte dessus dès qu’elle subit l’effet de la chaleur ? Balzac porte son élégance qui, par suite de la vulgarité de ses goûts, vise de plus en plus à la pompe et à l’extravagance, comme un laquais sa livrée. Sur lui ce qui est cher semble de la camelote, son luxe apparaît provocant, et l’ensemble - les innombrables caricatures qui nous sont parvenues de lui en font foi - contraint souvent ses admiratrices elles-mêmes à faire en cachette une moue derrière leur éventail.

 

Mais plus Balzac sent que la vraie élégance ne lui réussit pas, plus il cherche à renchérir. S’il ne peut faire bonne figure, il veut au moins faire sensation. S’il ne peut faire une impression plaisante par une discrète distinction, il faut au moins que toutes ses extravagances soient aussi fameuses qu’il l’est lui-même. Puisqu’on se moque de lui, il veut au moins donner à la moquerie une riche matière. C’est ainsi qu’après son premier échec Balzac imagine quelques objets bizarres qui, dit-il en riant, le rendront plus célèbre que ses romans. Il se fait faire une canne grosse comme une massue, garnie de turquoises et met en circulation à ce sujet les bruits les plus étranges, par exemple : dans la pomme de cette canne se trouverait le portrait en costume d’Eve d’une mystérieuse amie de la haute aristocratie. Quand il pénètre dans la loge des Tigres aux Italiens avec cette canne (qui a coûté sept cents francs - de dettes), tout le public comme par enchantement, fixe ses regards sur lui et cet objet étrange inspire à Mme de Girardin un roman : La canne de M. Balzac. Mais les dames n’en sont pas moins désabusées, aucune ne fait de ce troubadour de la femme son favori et les célébrités des salons parisiens, ses Rastignac, ses de Marsay, pour qui il est plein d’admiration, sentent qu’ils n’ont pas besoin d’engager la lutte conte un nouveau candidat qui se présente avec la brutalité massive d’un hippopotame ou d’un éléphant.

 

… Et ainsi les faiblesses de Balzac sont trop manifestes pour ne pas présenter cent brèches ouvertes aux traits d’esprit et à la malice. Dans tous les journaux les railleries malveillantes fusent et pétillent. Balzac, le plus grand écrivain de son temps, devient la cible favorite des échos venimeux et des caricatures effrontées. La prétendue « bonne société » ne se venge de personne avec plus de virulence que de celui qui la méprise et ne peut cependant se passer d’elle. Balzac lui-même ne ressent pas profondément cet échec. Il a trop de vitalité, de tempérament, il voit les choses de trop haut pour sentir ces coups d’épingle, et aux petits sourires railleurs, à la moue, aux plaisanteries de ces fats ennuyeux, et de ces bas-bleus snobs, il ne répond que par le gros rire libre d’un Rabelais. Il ne répliquera pas à la méchanceté des journalistes aigris et des littérateurs impuissants par des polémiques mesquines, mais - en esprit créateur qui voit large jusque dans sa colère - par la fresque grandiose de la corruption littéraire des Illusions perdues. Ses vrais amis par contre souffrent de voir un homme dont ils admirent le génie se mettre par un snobisme vulgaire dans une situation qui l’avilit et donner pour un quart d’heure raison aux railleurs. La petite provinciale Zulma Carraud, si loin qu’elle se trouve placée, comprend plus vite que lui que ces fruits paradisiaques de la vie mondaine dont il rêve auront bientôt pour lui un goût fade et amer ; elle le conjure de ne pas être un « acteur », « dans un monde qui vous demande cent fois plus qu’il ne vous donne », et dans son amitié elle lui crie :

 

Honoré, vous êtes un auteur remarquable, mais vous étiez appelé à mieux que cela. La célébrité n’est pas pour vous, il fallait prétendre plus haut. Si je l’osais, je dirais bien pourquoi vous dépensez si vainement une si rare intelligence ! Tenez, laissez donc la vie élégante à qui elle doit tenir lieu de mérite, ou bien à ceux à qui de grandes plaies morales l’ont rendue nécessaire comme moyen de s’étourdir… Je me tourmente du désir de vous savoir ce que vous devriez être. Pardonnez-le moi.

 

Mais il faudra encore à Balzac plus d’une amère expérience avant que l’ivresse de sa jeune gloire fasse place au désenchantement, avant qu’il reconnaisse la vérité de la loi qu’il a lui-même proclamée qu’on ne peut être en même temps maître dans deux sphères, mais seulement dans une seule, et que le sens de son destin n’est pas de briller dans un grand monde transitoire et voué à l’oubli, mais bien, en en peignant les sommets et les bas-fonds, de conférer à ce monde l’éternité.

 

Stefan Zweig

Balzac - Le roman de sa vie

(Collection Le Livre de Poche)

 

 

JEAN-FRANCOIS MILLET - LES PLANTEURS DE POMMES DE TERRE

Publié le 19/05/2013 à 23:58 par escapadeautomnale
JEAN-FRANCOIS MILLET - LES PLANTEURS DE POMMES DE TERRE

 

Jean-François Millet - Les planteurs de pommes de terre, 1862

 

 

Huile sur toile - 82,5 cms X 101,3 cms

 

 

Museum of Fine Arts, Boston

 

 

 

JEAN-FRANCOIS MILLET - LES GLANEUSES

Publié le 19/05/2013 à 11:52 par escapadeautomnale
JEAN-FRANCOIS MILLET - LES GLANEUSES

 

 

Jean-François Millet - Les glaneuses, 1857

 

 

 

Huile sur toile - 83,5 X 110 cms

 

 

 

Musée d'Orsay, Paris

 

 

 

PIERRE-AUGUSTE RENOIR - PORTRAIT DE CLAUDE RENOIR PEIGNANT

Publié le 18/05/2013 à 11:50 par escapadeautomnale
PIERRE-AUGUSTE RENOIR - PORTRAIT DE CLAUDE RENOIR PEIGNANT

 

 

Pierre-Auguste Renoir - Portrait de Claude Renoir peignant, 1907

ou Claude au chevalet

 

 

Huile sur toile - 55 X 46 cms

 

 

Collection privée

 

 

PIERRE-AUGUSTE RENOIR - TERRASSES A CAGNES

Publié le 17/05/2013 à 10:20 par escapadeautomnale
PIERRE-AUGUSTE RENOIR - TERRASSES A CAGNES

 

 

Pierre-Auguste Renoir - Terrasses à Cagnes, 1905

 

 

Huile sur toile - 46 X 55,5 cms

 

 

Collection privée

 

 

 

LE SAVIEZ-VOUS ?

Publié le 14/05/2013 à 11:39 par escapadeautomnale
LE SAVIEZ-VOUS ?

 

 

Cela faisait longtemps que nous n’avions publié, sur le blog des escapades, un article de presse. En voici un, bref mais fort intéressant.

 

 

LE SAVIEZ-VOUS ?

 

 

La spermatogenèse est plus efficace à une température de 34°C, ce qui explique la position des testicules à l’extérieur du corps. Or les slips moulant augmentent cette température de 3,5°C et ralentissent ainsi la production, rendant de ce fait les spermatozoïdes moins mobiles.

 

Le responsable d’une étude… écossaise va plus loin en affirmant que la baisse de fertilité des Ecossais constatée ces cinquante dernières années aurait pour cause le fait que les hommes ne portent plus que très rarement le kilt, cette jupe traditionnelle qui, rappelons-le, se porte sans rien dessous et améliore la circulation de l’air…

 

A présent, vous le savez : porter un kilt rend plus fertile… A bon entendeur !

 

 

Source : Le Nouvel Observateur

 

 

 

JE T'AIME

Publié le 13/05/2013 à 10:49 par escapadeautomnale
JE T'AIME

BOCO  -  L'entrée du chenal

http://www.galeriedominiquec.com/artiste.php?select=BOCO

 

 

 

JE T'AIME

 

 

 

Je t'aime pour toutes les femmes que je n'ai pas connues

Je t'aime pour tous les temps où je n'ai pas vécu

Pour l'odeur du grand large et l'odeur du pain chaud

Pour la neige qui fond pour les premières fleurs

Pour les animaux purs que l'homme n'effraie pas

Je t'aime pour aimer

Je t'aime pour toutes les femmes que je n'aime pas

 

 

 

Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu

Sans toi je ne vois rien qu'une étendue déserte

Entre autrefois et aujourd'hui

Il y a eu toutes ces morts que j'ai franchies sur de la paille

Je n'ai pas pu percer le mur de mon miroir

Il m'a fallu apprendre mot par mot la vie

Comme on oublie

 

 

 

Je t'aime pour ta sagesse qui n'est pas la mienne

Pour la santé

Je t'aime contre tout ce qui n'est qu'illusion

Pour ce coeur immortel que je ne détiens pas

Tu crois être le doute et tu n'es que raison

Tu es le grand soleil qui me monte à la tête

Quand je suis sûr de moi.

 

 

 

 

Paul Eluard

 

 

LE JARDIN EXTRAORDINAIRE

Publié le 12/05/2013 à 11:18 par escapadeautomnale
LE JARDIN EXTRAORDINAIRE

Jean-Marc Janiaczyk - Les fleurs du jardin - Peinture à l'huile, au couteau

http://jean-marc.janiaczyk.pagesperso-orange.fr/

 

 

 

LE JARDIN EXTRAORDINAIRE

 

 

 

C'est un jardin extraordinaire,

Il y a des canards qui parlent anglais,

Je leur donne du pain, ils remuent leur derrière

En me disant : "Thank you very much, Monsieur Trenet".

On y voit aussi des statues

Qui se tiennent tranquilles tout le jour, dit-on,

Mais moi, je sais que, dès la nuit venue,

Elles s'en vont danser sur le gazon.

Papa, c'est un jardin extraordinaire,

Il y a des oiseaux qui tiennent un buffet,

Ils vendent du grain, des petits morceaux de gruyère,

Comme clients ils ont monsieur le maire et le sous-préfet.

 

 

 

Il fallait bien trouver, dans cette grande ville maussade,

Où les touristes s'ennuient au fond de leurs autocars,

Il fallait bien trouver un lieu pour la promenade,

J'avoue que, ce samedi-là, je suis entré par hasard

Dans... dans...

 

 

 

Ce jardin extraordinaire,

Loin des noirs buildings et des passages cloutés,

Il y avait un bal, que donnaient des primevères,

Dans un coin de verdure, les petites grenouilles chantaient

Une chanson pour saluer la lune.

Dès que celle-ci parut, toute rose d'émotion,

Elles entonnèrent, je crois, la valse brune,

Une vieille chouette me dit : "Quelle distraction !"

Maman, dans ce jardin extraordinaire,

Je vis soudain passer la plus belle des filles,

Elle vint près de moi, et là me dit sans manières :

"Vous me plaisez beaucoup, j'aime les hommes dont les yeux brillent".

 

 

 

Il fallait bien trouver, dans cette grande ville perverse,

Une gentille amourette, un petit flirt de vingt ans

Qui me fasse oublier que l'amour est un commerce

Dans les bars de la cité,

Oui mais, oui mais...

Pas dans... dans...

 

 

 

Mon jardin extraordinaire,

Un ange du bizarre, un agent nous dit :

"Etendez-vous sur la verte bruyère,

Je vous jouerai du luth pendant que vous serez réunis".

Cet agent était un grand poète,

Mais nous préférions, Artémise et moi,

La douceur d'une couchette secrète

Qu'elle me fit découvritr au fond du bois.

Pour ceux qui veulent savoir où le jardin se trouve,

Il est, vous le voyez, au coeur de ma chanson,

J'y vole parfois quand un chagrin m'éprouve,

Il suffit pour ça d'un peu d'imagination...

Il suffit pour ça d'un peu d'imagination...

Il suffit pour ça d'un peu d'imagination...

 

 

 

 

Charles Trenet

 

 

 

COMPOSITION MUSICALE ET INTERPRETATION : CHARLES TRENET

 

L'HORLOGE

Publié le 11/05/2013 à 11:44 par escapadeautomnale
L'HORLOGE

 

 

 

L'HORLOGE

 

 

 

Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,

Dont le doigt nous menace et nous dit : "Souviens-toi !

Les vibrantes Douleurs dans ton ton coeur plein d'effroi

Se planteront bientôt comme dans une cible ;

 

 

 

Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon

Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;

Chaque instant te dévore un morceau du délice

A chaque homme accordé pour toute sa saison.

 

 

 

Trois mille six cent fois par heure, la Seconde

Chuchote : "Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix

D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,

Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

 

 

 

Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !

(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)

Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues

Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !

 

 

 

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide

Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.

Le jour décroît ; la nuit augmente ; souviens-toi !

Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

 

 

 

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,

Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,

Où le repentir même (oh ! la dernière auberge !),

Où tout te dira : Meurs, vieux lâche, il est trop tard !"

 

 

 

 

Charles Baudelaire

 

 

 


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JE T'AIME
BOCO  -  L'entrée du chenal http://www.galeriedominiquec.com/artiste.php?select=BOCO       JE T'AIME       Je t'aime pour toutes les femmes que je n'ai pas connues Je t'a
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Jean-Marc Janiaczyk - Les fleurs du jardin - Peinture à l'huile, au couteau http://jean-marc.janiaczyk.pagesperso-orange.fr/       LE JARDIN EXTRAORDINAIRE       C'est un