Escapade poétique et musicale
Signer mon livre d'or Faire connaître mon blog Me contacter par mail Flux RSS
Thèmesamis amour animaux anniversaire annonce artiste automne background belle bleu blog bonne
Rubriques
>> Toutes les rubriques <<
· Editorial (1)
· L'automne en chansons (2)
· L'été en chansons (7)
· L'hiver en chansons (4)
· La foire à la brocante ! (12)
· La musique des mots (17)
· La petite chapellerie des escapades (16)
· Le dernier salon où l'on cause ! (1)
· Le printemps en chansons (5)
· Le trombinoscope (13)
· Les chansons de C.Lyne en diaporamas (1)
· Les chansons de JM en diaporamas (4)
· Les chansons de Remia (1)
· Les chansons de Sosso en diaporamas (1)
· Les chansons de Stéphane en diaporamas (1)
· Les créations de Chris Laure en vidéos (1)
· Les fables de La Fontaine (13)
· Les mots en musique (52)
· Maisons d'écrivains (3)
· Maximes, pensées, citations (23)
· Musique classique (14)
· Musique de films (1)
· Nouvelle chanson française (5)
· Peinture - Berthe Morisot (3)
· Peinture - Camille Pissarro (3)
· Peinture - Claude Monet (3)
· Peinture - Edouard Manet (3)
· Peinture - Gustave Caillebotte (3)
· Peinture - Jean-François Millet (3)
· Peinture - Pierre-Auguste Renoir (3)
· Peinture - Vincent Van Gogh (3)
· Petit billet d'humeur ! (1)
· Photothèque des amis des escapades (5)
· Poésie - Alfred de Musset (2)
· Poésie - Alphonse de Lamartine (1)
· Poésie - Antoine Pol (1)
· Poésie - Arthur Rimbaud (2)
· Poésie - Blaise Cendrars (2)
· Poésie - Charles Baudelaire (8)
· Poésie - Charles-Marie Leconte de Lisle (1)
· Poésie - Christian Bobin (1)
· Poésie - Emile Verhaeren (1)
· Poésie - Eugène Guillevic (2)
· Poésie - Félix Arvers (1)
· Poésie - Francis Carco (4)
· Poésie - Francis Jammes (1)
· Poésie - Gérard de Nerval (4)
· Poésie - Guillaume Apollinaire (2)
· Poésie - Jacques Prévert (13)
· Poésie - Jean-Baptiste Clément (1)
· Poésie - Julos Beaucarne (1)
· Poésie - Louis Aragon (4)
· Poésie - Marceline Desbordes-Valmore (1)
· Poésie - Marina Tsvétaïéva (2)
· Poésie - Max Jacob (1)
· Poésie - Pablo Neruda (3)
· Poésie - Paul Eluard (1)
· Poésie - Paul Fort (1)
· Poésie - Paul Géraldy (1)
· Poésie - Paul Verlaine (6)
· Poésie - Pierre de Ronsard (2)
· Poésie - René Char (2)
· Poésie - René Guy Cadou (5)
· Poésie - René Guyomard (1)
· Poésie - Stéphane Mallarmé (1)
· Poésie - Sully Prudhomme (1)
· Poésie - Valéry Larbaud (3)
· Poésie - Victor Hugo (8)
· Poésie - Vincent Muselli (2)
· Poésie - Xavier Grall (3)
· Poésie - Yves La Prairie (1)
· Pour les amis des escapades (17)
· Pour les golfeurs (2)
· Pour les petits enfants (6)
· Pour toi, maman (2)
· Pour toi, papa (1)
· Quelques chansons d'Anne Sylvestre (1)
· Quelques chansons d'Anne Vanderlove (4)
· Quelques chansons de Barbara (9)
· Quelques chansons de Charles Trenet (1)
· Quelques chansons de Christine Sèvres (2)
· Quelques chansons de Cora Vaucaire (2)
· Quelques chansons de Georges Chelon (3)
· Quelques chansons de Jean Ferrat (3)
· Quelques chansons de Juliette Gréco (5)
· Quelques chansons de Marcel Mouloudji (3)
· Quelques chansons de Maurice Fanon (3)
· Quelques chansons de Pia Colombo (1)
· Quelques chansons en duo (1)
· Quelques chants de marins (2)
· Quelques images insolites (5)
· Récits historiques (1)
· Relaxation (1)
· Remèdes et astuces d'Automnale ! (7)
· Restaurant des Escapades (1)
· Retour aux années 1960 (1)
· Rétroviseur musical (5)
· Revue de presse (23)
· The voice (1)
· Un livre, une escapade (8)
· Un peu de guitare (1)
· Un peu de jazz (2)
· Une escapade à Belle-Ile-en-mer (2)
· Une escapade à Brocéliande (1)
· Une escapade à Ouessant (2)
· Une escapade à Paris (3)
· Une escapade à Saint-Tropez (1)
· Une escapade au Brésil (1)
· Une escapade au Maroc (1)
· Une escapade au Musée (10)
· Une escapade au pays du sourire (7)
· Une escapade au Portugal (1)
· Une escapade autour d'Honoré de Balzac (2)
· Une escapade autour de Ch. Le Quintrec (2)
· Une escapade autour de Chateaubriand (5)
· Une escapade autour de George Sand (2)
· Une escapade boulevard de l'Océan (1)
· Une escapade dans l'univers de Colette (5)
· Une escapade dans l'univers de F. Sagan (3)
· Une escapade dans le monde des animaux (3)
· Une escapade en Bretagne (2)
· Une escapade en Bulgarie (1)
· Une escapade en Camargue (1)
· Une escapade en Espagne (1)
· Une escapade en Irlande (1)
· Une escapade en Italie (1)
· Une escapade en Normandie (2)
· Une escapade en Provence (2)
· Une escapade en Tunisie (1)
· Une escapade sur l'île de La Réunion (1)
· Une escapade sur le Mississippi (1)
· Une pièce dans le juke-box (12)
· Votre boîte aux lettres (1)
· Votre escapade (5)
· Votre plage - Chris Laure (3)
· Votre plage - Gontier (1)
· Votre plage - Jean-Marie Djibedjian (3)
· Voulez-vous lire une histoire ? (5)
voilà les amis de maurice fanon réunis autour de son écharpe inoubliable...
merci, rolland, d'avoir laissé
Par escapadeautomnale, le 21.05.2013
oui, andré, tu as raison... j'ai même un tout petit peu hésité à publier, sur ce petit blog, les glaneuses et
Par escapadeautomnale, le 21.05.2013
oui, sans doute, jean-louis !!! mais la description physique de balzac m'a amusée ! j'ai presque terminé le li
Par escapadeautomnale, le 21.05.2013
mais oui, mon cher jean-louis, les calendriers des ptt servent aussi à connaître les grands peintres... pour c
Par escapadeautomnale, le 21.05.2013
rencontre en 69 fanon un gars entier et un poète
rollan d
radio coeur toulouse fronton
Par Rolland Bosc, le 21.05.2013
· LA VEUVE DU HOBEREAU
· L'YLANG-YLANG
· OUESSANT - LE PHARE DE LA JUMENT
· LA CHANSON DE NINON
· LE MANOIR DU BREUIL
· RUPTURE
· WALDTEUFEL - LA VALSE DES PATINEURS
· ON N'EST PAS SERIEUX QUAND ON A DIX-SEPT ANS
· LE BONHEUR
· SANTIANO
· INVITATION
· TELLE CASSANDRE SALVIATI
· FREDERIC CHOPIN - VALSE N° 2 - OPUS 64
· MA MAISON, TON ESCALE
· LES RISQUES DE L'ETERNUEMENT
· lameretlamour
· patricia93
· peinturamat
· pommereinette
· samson
· babayaga
· photoetpoesies
· chrysalyne
· leschansonsdejm
Date de création : 24.01.2011
Dernière mise à jour :
21.05.2013
545articles
Retour de pêche
CHANT FUNEBRE D'UN REPRESENTANT
Mouvement des navires
mouvement des marées
Tu t'étais fait attendre
pendant des jours entiers
A la porte du Sept
le garçon a frappé
il m'a donné la lettre
et puis tout a tourné
Mouvement des navires
mouvement des marées
J'avais le mal de mort
et sans même en mourir
comme d'autres le mal de mer
sans pouvoir le vomir
Rien qu'en voyant l'enveloppe
j'avais tout deviné
dans la lettre de ta soeur
ton sort était marqué
Mouvement des navires
mouvement des marées
Alors je suis sorti
sans même me laver
et puis j'ai remonté
la rue de la Gaîté
et dans l'avenue du Maine
j'ai pris un verre de rhum
et le patron m'a dit
histoire de rigoler
Le petit verre du condamné
Il ne croyait pas si bien dire
cet homme qui savait rire
Mouvement des navires
mouvement des marées
A la gare Montparnasse
la gare que tu aimais
j'ai pris un ticket de quai
Je suis resté longtemps
à errer dans la gare
et je ne pensais qu'à ta vie
Mouvement des navires
mouvement des marées
Colliers de coquillages
bals de Vaugirard et de Saint-Guénolé
et le pas de tes pieds
sur le sable mouillé
toujours je l'entendais
et les quais étaient balayés
à intervalles réguliers
par les feux du phare de Penmarch
Mouvement des navires
mouvement des marées
Ton sort c'était hier
Le mien c'est pour demain
et ta robe neuve et rouge
quand tu l'enlevais
jamais je n'oublierai
tout ce que tu disais
toi qui souriais toujours
comme seul sourit l'amour
Tu vois c'est le rideau d'un théâtre
et j'espère que toujours le spectacle te plaira
quand le rideau se lèvera
Mouvement des navires
mouvement des marées
Fraises de Plougastel
crêpes de sarrasin
hier c'était hier
oh que serai-je demain
Mouvement des navires
mouvement des marées
Oh je ne vendrai plus
des souvenirs de vacances
des boîtes en coquillages
et des coquilles Saint-Jacques
le paysage dedans
Je vendrai des vieux sacs
je vendrai des cure-dents
horaire itinéraire
Finistère Finistère
tout ça c'est déchiré
Mouvement des navires
mouvement des marées
Jacques Prévert
Balzac, par Louis Boulanger
BALZAC DANS LE MONDE
Pour ses débuts dans le monde Balzac se met en frais de toilette. Et d’abord : il ne faut pas se présenter comme M. Balzac tout simplement ; ça sonne trop mal, trop bourgeois dans le noble Faubourg. Balzac bluffe donc en s’attribuant de sa propre autorité une particule. A partir de La Peau de chagrin tous ses livres paraissent sous le nom de « de » Balzac et malheur à celui qui ose contester ce titre. Il lui donne à entendre que c’est pure modestie s’il se nomme simplement «de Balzac » puisqu’il descend du marquis d’Entraigues. Et pour rendre la chose plus plausible encore il fait graver sur ses couverts et peindre sur son carrosse ce blason d’emprunt. Après quoi il modifie de fond en comble son genre de vie. On ne prendra Honoré de Balzac pour un grand écrivain, raisonne-t-il, que s’il se présente d’une façon digne de sa situation. On ne prête qu’aux riches et dans un monde où seule compte l’apparence, il faut donc se donner l’apparence de posséder beaucoup pour recevoir beaucoup. Si un M. de Chateaubriand est propriétaire d’un château, si Girardin a deux chevaux de selle, si même un Jules Janin ou un Eugène Sue roulent carrosse, il faut bien qu’Honoré de Balzac ait un tilbury, avec, derrière, un laquais en livrée, pour qu’on ne le prenne pas pour un petit scribouillard. Dans la rue Cassini on s’installe au second étage, on se procure un mobilier de luxe et il ne faut pas qu’un élégant quel qu’il soit puisse dire qu’il est plus richement et plus chèrement vêtu qu’Honoré de Balzac. Pour son habit bleu il se fait faire, sur commande, des boutons d’or ciselés ; il faut que le brave Buisson lui taille à crédit les gilets de soie et de brocart les plus coûteux. Et c’est ainsi, sa crinière de lion couverte d’une couche épaisse de cosmétique, un petit face-à-main coquettement tenu entre les doigts, que le nouvel auteur pénètre dans les salons parisiens « pour se faire une réputation », comme s’il ne s’était pas déjà assuré par ses œuvres la conquête du monde et de la postérité.
***
Mais quelle déception ! La « réputation » que Balzac se fait dans la société parisienne en s’y présentant en personne a un effet vraiment désastreux pour sa véritable réputation. Les essais de Balzac pour se donner l’allure d’un élégant ne seront, durant toute sa vie, qu’un perpétuel échec. Et d’abord les salons où il est admis ne sont pas encore ceux du Faubourg Saint-Germain, les palais des grandes ambassades, mais seulement les salons littéraires de Mme Delphine Gay et de sa fille Mme de Girardin, le boudoir de Mme Récamier, les salons de dames qui, parce que l’aristocratie officielle se tient à l’écart, veulent lui faire concurrence au moyen de l’aristocratie littéraire. Mais même dans ces cercles moins exigeants l’élégance pompeuse, prétentieuse, forcée, fait un effet catastrophique. Petit-fils de paysans, fils de bourgeois, incurable roturier, Balzac a une telle corpulence qu’il ne saurait, rien que pour cela, espérer se donner une silhouette et une allure aristocratiques. Il n’est pas de tailleur à la cour, pas de Buisson, pas de boutons en or, pas de jabot en dentelles qui puisse faire paraître distingué ce gras plébéien aux joues rouges, taillé à la hache, qui parle fort et sans discontinuer et s’introduit dans tous les groupes pour y éclater comme un boulet de canon. Il a un tempérament bien trop exubérant, bien trop excessif pour s’adapter à des manières discrètes et retenues. Vingt ans plus tard Mme de Hanska se plaindra encore de ce qu’il fourre en mangeant son couteau dans la bouche, de ce que ses bruyantes vantardises portent précisément sur les nerfs des gens qui seraient le mieux disposés à l’admirer. Elle lui reprochera son rire retentissant, sa loquacité débordante et passionnée qui coupe la parole à tout le monde. Seul un oisif, seule une nature tournée vers le dehors, trouvera assez de temps et de persévérance pour ne jamais se départir du souci de l’élégance - ce qui, en soi, constitue un art ; un Balzac qui s’est tout juste arraché à son travail pour une heure, trahit manifestement la hâte dans son accoutrement. Les couleurs de son habit et de son pantalon jurant ensemble, mettaient Delacroix au désespoir et à quoi sert le lorgnon d’or si les ongles des doigts qui le tiennent sont sales ; si les lacets de souliers se balancent dénoués sur les bas de soie ; à quoi sert le jabot si la graisse dont la crinière est empommadée dégoutte dessus dès qu’elle subit l’effet de la chaleur ? Balzac porte son élégance qui, par suite de la vulgarité de ses goûts, vise de plus en plus à la pompe et à l’extravagance, comme un laquais sa livrée. Sur lui ce qui est cher semble de la camelote, son luxe apparaît provocant, et l’ensemble - les innombrables caricatures qui nous sont parvenues de lui en font foi - contraint souvent ses admiratrices elles-mêmes à faire en cachette une moue derrière leur éventail.
Mais plus Balzac sent que la vraie élégance ne lui réussit pas, plus il cherche à renchérir. S’il ne peut faire bonne figure, il veut au moins faire sensation. S’il ne peut faire une impression plaisante par une discrète distinction, il faut au moins que toutes ses extravagances soient aussi fameuses qu’il l’est lui-même. Puisqu’on se moque de lui, il veut au moins donner à la moquerie une riche matière. C’est ainsi qu’après son premier échec Balzac imagine quelques objets bizarres qui, dit-il en riant, le rendront plus célèbre que ses romans. Il se fait faire une canne grosse comme une massue, garnie de turquoises et met en circulation à ce sujet les bruits les plus étranges, par exemple : dans la pomme de cette canne se trouverait le portrait en costume d’Eve d’une mystérieuse amie de la haute aristocratie. Quand il pénètre dans la loge des Tigres aux Italiens avec cette canne (qui a coûté sept cents francs - de dettes), tout le public comme par enchantement, fixe ses regards sur lui et cet objet étrange inspire à Mme de Girardin un roman : La canne de M. Balzac. Mais les dames n’en sont pas moins désabusées, aucune ne fait de ce troubadour de la femme son favori et les célébrités des salons parisiens, ses Rastignac, ses de Marsay, pour qui il est plein d’admiration, sentent qu’ils n’ont pas besoin d’engager la lutte conte un nouveau candidat qui se présente avec la brutalité massive d’un hippopotame ou d’un éléphant.
… Et ainsi les faiblesses de Balzac sont trop manifestes pour ne pas présenter cent brèches ouvertes aux traits d’esprit et à la malice. Dans tous les journaux les railleries malveillantes fusent et pétillent. Balzac, le plus grand écrivain de son temps, devient la cible favorite des échos venimeux et des caricatures effrontées. La prétendue « bonne société » ne se venge de personne avec plus de virulence que de celui qui la méprise et ne peut cependant se passer d’elle. Balzac lui-même ne ressent pas profondément cet échec. Il a trop de vitalité, de tempérament, il voit les choses de trop haut pour sentir ces coups d’épingle, et aux petits sourires railleurs, à la moue, aux plaisanteries de ces fats ennuyeux, et de ces bas-bleus snobs, il ne répond que par le gros rire libre d’un Rabelais. Il ne répliquera pas à la méchanceté des journalistes aigris et des littérateurs impuissants par des polémiques mesquines, mais - en esprit créateur qui voit large jusque dans sa colère - par la fresque grandiose de la corruption littéraire des Illusions perdues. Ses vrais amis par contre souffrent de voir un homme dont ils admirent le génie se mettre par un snobisme vulgaire dans une situation qui l’avilit et donner pour un quart d’heure raison aux railleurs. La petite provinciale Zulma Carraud, si loin qu’elle se trouve placée, comprend plus vite que lui que ces fruits paradisiaques de la vie mondaine dont il rêve auront bientôt pour lui un goût fade et amer ; elle le conjure de ne pas être un « acteur », « dans un monde qui vous demande cent fois plus qu’il ne vous donne », et dans son amitié elle lui crie :
Honoré, vous êtes un auteur remarquable, mais vous étiez appelé à mieux que cela. La célébrité n’est pas pour vous, il fallait prétendre plus haut. Si je l’osais, je dirais bien pourquoi vous dépensez si vainement une si rare intelligence ! Tenez, laissez donc la vie élégante à qui elle doit tenir lieu de mérite, ou bien à ceux à qui de grandes plaies morales l’ont rendue nécessaire comme moyen de s’étourdir… Je me tourmente du désir de vous savoir ce que vous devriez être. Pardonnez-le moi.
Mais il faudra encore à Balzac plus d’une amère expérience avant que l’ivresse de sa jeune gloire fasse place au désenchantement, avant qu’il reconnaisse la vérité de la loi qu’il a lui-même proclamée qu’on ne peut être en même temps maître dans deux sphères, mais seulement dans une seule, et que le sens de son destin n’est pas de briller dans un grand monde transitoire et voué à l’oubli, mais bien, en en peignant les sommets et les bas-fonds, de conférer à ce monde l’éternité.
Stefan Zweig
Balzac - Le roman de sa vie
(Collection Le Livre de Poche)
Jean-François Millet - Les planteurs de pommes de terre, 1862
Huile sur toile - 82,5 cms X 101,3 cms
Museum of Fine Arts, Boston
Jean-François Millet - Les glaneuses, 1857
Huile sur toile - 83,5 X 110 cms
Musée d'Orsay, Paris
Pierre-Auguste Renoir - Portrait de Claude Renoir peignant, 1907
ou Claude au chevalet
Huile sur toile - 55 X 46 cms
Collection privée
Pierre-Auguste Renoir - Terrasses à Cagnes, 1905
Huile sur toile - 46 X 55,5 cms
Collection privée
Cela faisait longtemps que nous n’avions publié, sur le blog des escapades, un article de presse. En voici un, bref mais fort intéressant.
LE SAVIEZ-VOUS ?
La spermatogenèse est plus efficace à une température de 34°C, ce qui explique la position des testicules à l’extérieur du corps. Or les slips moulant augmentent cette température de 3,5°C et ralentissent ainsi la production, rendant de ce fait les spermatozoïdes moins mobiles.
Le responsable d’une étude… écossaise va plus loin en affirmant que la baisse de fertilité des Ecossais constatée ces cinquante dernières années aurait pour cause le fait que les hommes ne portent plus que très rarement le kilt, cette jupe traditionnelle qui, rappelons-le, se porte sans rien dessous et améliore la circulation de l’air…
A présent, vous le savez : porter un kilt rend plus fertile… A bon entendeur !
Source : Le Nouvel Observateur
BOCO - L'entrée du chenal
http://www.galeriedominiquec.com/artiste.php?select=BOCO
JE T'AIME
Je t'aime pour toutes les femmes que je n'ai pas connues
Je t'aime pour tous les temps où je n'ai pas vécu
Pour l'odeur du grand large et l'odeur du pain chaud
Pour la neige qui fond pour les premières fleurs
Pour les animaux purs que l'homme n'effraie pas
Je t'aime pour aimer
Je t'aime pour toutes les femmes que je n'aime pas
Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu
Sans toi je ne vois rien qu'une étendue déserte
Entre autrefois et aujourd'hui
Il y a eu toutes ces morts que j'ai franchies sur de la paille
Je n'ai pas pu percer le mur de mon miroir
Il m'a fallu apprendre mot par mot la vie
Comme on oublie
Je t'aime pour ta sagesse qui n'est pas la mienne
Pour la santé
Je t'aime contre tout ce qui n'est qu'illusion
Pour ce coeur immortel que je ne détiens pas
Tu crois être le doute et tu n'es que raison
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi.
Paul Eluard
Jean-Marc Janiaczyk - Les fleurs du jardin - Peinture à l'huile, au couteau
http://jean-marc.janiaczyk.pagesperso-orange.fr/
LE JARDIN EXTRAORDINAIRE
C'est un jardin extraordinaire,
Il y a des canards qui parlent anglais,
Je leur donne du pain, ils remuent leur derrière
En me disant : "Thank you very much, Monsieur Trenet".
On y voit aussi des statues
Qui se tiennent tranquilles tout le jour, dit-on,
Mais moi, je sais que, dès la nuit venue,
Elles s'en vont danser sur le gazon.
Papa, c'est un jardin extraordinaire,
Il y a des oiseaux qui tiennent un buffet,
Ils vendent du grain, des petits morceaux de gruyère,
Comme clients ils ont monsieur le maire et le sous-préfet.
Il fallait bien trouver, dans cette grande ville maussade,
Où les touristes s'ennuient au fond de leurs autocars,
Il fallait bien trouver un lieu pour la promenade,
J'avoue que, ce samedi-là, je suis entré par hasard
Dans... dans...
Ce jardin extraordinaire,
Loin des noirs buildings et des passages cloutés,
Il y avait un bal, que donnaient des primevères,
Dans un coin de verdure, les petites grenouilles chantaient
Une chanson pour saluer la lune.
Dès que celle-ci parut, toute rose d'émotion,
Elles entonnèrent, je crois, la valse brune,
Une vieille chouette me dit : "Quelle distraction !"
Maman, dans ce jardin extraordinaire,
Je vis soudain passer la plus belle des filles,
Elle vint près de moi, et là me dit sans manières :
"Vous me plaisez beaucoup, j'aime les hommes dont les yeux brillent".
Il fallait bien trouver, dans cette grande ville perverse,
Une gentille amourette, un petit flirt de vingt ans
Qui me fasse oublier que l'amour est un commerce
Dans les bars de la cité,
Oui mais, oui mais...
Pas dans... dans...
Mon jardin extraordinaire,
Un ange du bizarre, un agent nous dit :
"Etendez-vous sur la verte bruyère,
Je vous jouerai du luth pendant que vous serez réunis".
Cet agent était un grand poète,
Mais nous préférions, Artémise et moi,
La douceur d'une couchette secrète
Qu'elle me fit découvritr au fond du bois.
Pour ceux qui veulent savoir où le jardin se trouve,
Il est, vous le voyez, au coeur de ma chanson,
J'y vole parfois quand un chagrin m'éprouve,
Il suffit pour ça d'un peu d'imagination...
Il suffit pour ça d'un peu d'imagination...
Il suffit pour ça d'un peu d'imagination...
Charles Trenet
COMPOSITION MUSICALE ET INTERPRETATION : CHARLES TRENET
L'HORLOGE
Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : "Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible ;
Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.
Trois mille six cent fois par heure, la Seconde
Chuchote : "Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !
Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !
Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente ; souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.
Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche, il est trop tard !"
Charles Baudelaire