amis amour animaux anniversaire artiste automne background belle bleu blog bonne chevaux
Rubriques
>> Toutes les rubriques <<
· Editorial (1)
· L'automne en chansons (2)
· L'été en chansons (7)
· L'hiver en chansons (4)
· La foire à la brocante ! (12)
· La musique des mots (17)
· La petite chapellerie des escapades (16)
· Le dernier salon où l'on cause ! (1)
· Le printemps en chansons (5)
· Le trombinoscope (13)
· Les chansons de C.Lyne en diaporamas (1)
· Les chansons de JM en diaporamas (4)
· Les chansons de Remia (1)
· Les chansons de Sosso en diaporamas (1)
· Les chansons de Stéphane en diaporamas (1)
· Les créations de Chris Laure en vidéos (1)
· Les fables de La Fontaine (13)
· Les mots en musique (52)
· Maisons d'écrivains (3)
· Maximes, pensées, citations (23)
· Musique classique (14)
· Musique de films (1)
· Nouvelle chanson française (5)
· Peinture - Berthe Morisot (3)
· Peinture - Camille Pissarro (3)
· Peinture - Claude Monet (3)
· Peinture - Edouard Manet (3)
· Peinture - Gustave Caillebotte (3)
· Peinture - Jean-François Millet (3)
· Peinture - Pierre-Auguste Renoir (3)
· Peinture - Vincent Van Gogh (3)
· Peinture - Wladyslaw Slewinski (3)
· Petit billet d'humeur ! (1)
· Photothèque des amis des escapades (5)
· Poésie - Alfred de Musset (2)
· Poésie - Alphonse de Lamartine (1)
· Poésie - Antoine Pol (1)
· Poésie - Arthur Rimbaud (2)
· Poésie - Blaise Cendrars (2)
· Poésie - Charles Baudelaire (8)
· Poésie - Charles-Marie Leconte de Lisle (1)
· Poésie - Christian Bobin (1)
· Poésie - Emile Verhaeren (1)
· Poésie - Eugène Guillevic (2)
· Poésie - Félix Arvers (1)
· Poésie - Francis Carco (4)
· Poésie - Francis Jammes (1)
· Poésie - Gérard de Nerval (4)
· Poésie - Guillaume Apollinaire (2)
· Poésie - Jacques Prévert (13)
· Poésie - Jean-Baptiste Clément (1)
· Poésie - Julos Beaucarne (1)
· Poésie - Louis Aragon (4)
· Poésie - Marceline Desbordes-Valmore (1)
· Poésie - Marina Tsvétaïéva (2)
· Poésie - Max Jacob (1)
· Poésie - Pablo Neruda (3)
· Poésie - Paul Eluard (1)
· Poésie - Paul Fort (1)
· Poésie - Paul Géraldy (1)
· Poésie - Paul Verlaine (6)
· Poésie - Pierre de Ronsard (2)
· Poésie - René Char (2)
· Poésie - René Guy Cadou (5)
· Poésie - René Guyomard (1)
· Poésie - Stéphane Mallarmé (1)
· Poésie - Sully Prudhomme (1)
· Poésie - Valéry Larbaud (3)
· Poésie - Victor Hugo (8)
· Poésie - Vincent Muselli (2)
· Poésie - Xavier Grall (3)
· Poésie - Yves La Prairie (1)
· Pour les amis des escapades (17)
· Pour les golfeurs (2)
· Pour les petits enfants (6)
· Pour toi, maman (2)
· Pour toi, papa (1)
· Quelques chansons d'Anne Sylvestre (1)
· Quelques chansons d'Anne Vanderlove (4)
· Quelques chansons de Barbara (9)
· Quelques chansons de Charles Trenet (1)
· Quelques chansons de Christine Sèvres (2)
· Quelques chansons de Cora Vaucaire (2)
· Quelques chansons de Georges Chelon (3)
· Quelques chansons de Jean Ferrat (3)
· Quelques chansons de Juliette Gréco (5)
· Quelques chansons de Marcel Mouloudji (3)
· Quelques chansons de Maurice Fanon (3)
· Quelques chansons de Pia Colombo (1)
· Quelques chansons en duo (1)
· Quelques chants de marins (2)
· Quelques images insolites (5)
· Récits historiques (1)
· Relaxation (1)
· Remèdes et astuces d'Automnale ! (7)
· Restaurant des Escapades (1)
· Retour aux années 1960 (1)
· Rétroviseur musical (5)
· Revue de presse (23)
· The voice (1)
· Un livre, une escapade (8)
· Un peu de guitare (1)
· Un peu de jazz (2)
· Une escapade à Belle-Ile-en-mer (2)
· Une escapade à Brocéliande (1)
· Une escapade à Ouessant (2)
· Une escapade à Paris (3)
· Une escapade à Saint-Tropez (1)
· Une escapade au Brésil (1)
· Une escapade au Maroc (1)
· Une escapade au Musée (9)
· Une escapade au pays du sourire (7)
· Une escapade au Portugal (1)
· Une escapade autour d'Honoré de Balzac (2)
· Une escapade autour de Ch. Le Quintrec (2)
· Une escapade autour de Chateaubriand (5)
· Une escapade autour de George Sand (2)
· Une escapade boulevard de l'Océan (1)
· Une escapade dans l'univers de Colette (6)
· Une escapade dans l'univers de F. Sagan (3)
· Une escapade dans le monde des animaux (3)
· Une escapade en Bretagne (2)
· Une escapade en Bulgarie (1)
· Une escapade en Camargue (1)
· Une escapade en Espagne (1)
· Une escapade en Irlande (1)
· Une escapade en Italie (1)
· Une escapade en Normandie (2)
· Une escapade en Provence (2)
· Une escapade en Tunisie (1)
· Une escapade sur l'île de La Réunion (1)
· Une escapade sur le Mississippi (1)
· Une pièce dans le juke-box (13)
· Votre boîte aux lettres (1)
· Votre escapade (5)
· Votre plage - Chris Laure (3)
· Votre plage - Gontier (1)
· Votre plage - Jean-Marie Djibedjian (3)
· Voulez-vous lire une histoire ? (5)
rolland, de radio coeur (!), nous publierons demain dimanche, sur cette même chaîne, "une mère juive" de georg
Par escapadeautomnale, le 25.05.2013
merci pour le texte de l'hécatombe
rolland radio coeur ?????
Par Rolland++Bosc, le 24.05.2013
salut o poète ....et bonjour à nougaro
???????
Par Rolland++Bosc, le 23.05.2013
mon cher sémonide, de marseille, merci de nous donner un petit cours de mythologie en évoquant iris, héra, her
Par escapadeautomnale, le 23.05.2013
ce matin, mon coeur de musicien, un peu troubadour, un peu poète
et un peu métèque est bien triste.
en
Par JM, le 23.05.2013
· LA VEUVE DU HOBEREAU
· L'YLANG-YLANG
· OUESSANT - LE PHARE DE LA JUMENT
· LA CHANSON DE NINON
· LE MANOIR DU BREUIL
· RUPTURE
· ON N'EST PAS SERIEUX QUAND ON A DIX-SEPT ANS
· WALDTEUFEL - LA VALSE DES PATINEURS
· LE BONHEUR
· SANTIANO
· INVITATION
· TELLE CASSANDRE SALVIATI
· FREDERIC CHOPIN - VALSE N° 2 - OPUS 64
· LES RISQUES DE L'ETERNUEMENT
· MA MAISON, TON ESCALE
· lameretlamour
· patricia93
· peinturamat
· pommereinette
· samson
· babayaga
· photoetpoesies
· chrysalyne
· leschansonsdejm
Date de création : 24.01.2011
Dernière mise à jour :
25.05.2013
549articles
http://argoul.com/category/voyages/bretagne/
IL N'Y A PAS DE TEMPS A PERDRE
Au Cabaret des Jours Meilleurs,
Je vois des errants en enfer,
Des poètes et des rêveurs,
Avec leurs chagrins, leurs secrets,
Attendre le dernier tramway.
Au Casino des Impossibles,
J'entends l'espoir couler à flots,
Le refrain des bandits manchots :
"Mesdames, Messieurs, les jeux sont faits,
Vous resterez tous sur le quai."
Il n'y a pas de temps à perdre,
Le bal du tramway terminé,
Moi, je m'en vais sur la jetée.
Oh ! Il ne s'agit pas de fuir,
Mais d'imaginer l'avenir.
Comme Rimbaud, je quitterai
Saisons mauvaises et fournaises,
Les roseaux noirs sous le brouillard,
Les pas perdus des halls de gares.
Poches percées, je m'en irai.
Oh ! Il ne s'agit pas de fuir,
Mais d'imaginer l'avenir.
Je voudrais l'ambre et la lumière,
La vérité nimbée d'éclairs,
La fraîcheur d'un jardin de palmes,
Des fragrances de tubéreuses
Et des petites amoureuses.
Oh ! Il ne s'agit pas de fuir,
Mais d'imaginer l'avenir.
Il n'y a plus de temps à perdre
Au Cabaret des Jours Meilleurs,
Au Casino des Impossibles.
Avec mes chagrins, mes secrets,
Comme Rimbaud, je partirai.
Automnale
PHOTO DE MARIAGE
Nombreux, ils sont venus se mettre en rangs d'oignons,
Cousines en chapeau, vieux oncles à lorgnons,
Pour célébrer ensemble, en ce clair samedi,
La mariée rosissante en robe d'organdi.
Elle, toute légère, tremble sous son bouquet,
Lui, presqu'aussi ému, prend un air assuré ;
A quoi donc pensent-ils, ces héros si fragiles ?
"Me sera-t-il fidèle ?", "Sera-t-elle docile ?"
La mère du marié, rigide, compassée,
Examine, sévère et les lèvres pincées,
Celle qui a osé voler son fils chéri.
On ne lui a mêm' pas demandé son avis !
Le grand-oncle Anatole lorgne du coin de l'oeil
La jolie cavalière au bras de son filleul ;
Lui doit se contenter de la cousine Fanfan,
Celle qui fut rosière... voici plus de trente ans !
Tailleurs de faille noire, chemises empesées
Se frôlent et se toisent, on critique en secret :
"Mais il est presque chauve, le mari d'Antoinette",
"La demoiselle d'honneur n'a pas l'air bien honnête !"
Et, stoïques, les pieds souffrent dans les bottines
Que l'on a dû lacer, ce matin, très serré,
Tout comme le corset de la tante Augustine
Rouge, depuis des heures, de n'oser respirer...
Bien des années plus tard, au profond d'un tiroir,
On trouvera, jaunie, la photo du grand soir ;
"Ah, comme elle était belle", s'écriera-t-on, émus,
"Cette arrière-grand-mère que l'on n'a pas connue !"
Mais pour lors ils sont là, devant la boîte noire
Dont l'oiseau va sortir pour fixer les mémoires ;
Tout à l'heure ils perdront leurs sourires figés
Pour s'écrier en choeur : "Vive la mariée !"
Anick Baulard
(1er prix du concours de Saint-Junien - 2007)
Louis-Joseph Soulas - Les ailes déployées - Burin
Carole, ce matin, ouvre ses volets bleus,
Malmenés et giflés
Par les vents de noroît.
Un rayon de soleil, tel un premier aveu,
Réchauffe le moulin
Et ses ailes de bois.
Que se passe-t-il vraiment ?
L'hiver, hier encore, recouvrait de grisaille
Les épines d'ajoncs.
Et voilà qu'un bourgeon, très impatient d'éclore,
S'installe, sémillant,
Sur l'arbre à papillons.
Carole, à quatorze ans,
Age ingrat s'il en est,
Ressemble, à s'y méprendre, au mois de février,
Quand une humble violette,
Cachée derrière la haie,
Rêve de suavité, de Parme, de volupté.
Comme le temps semble long
Pour une adolescente
Murmurant ses secrets au ruisseau de l'enfance !
Et pourtant que d'espoir,
Dans l'eau claire en mouvance,
De lumières, romances, colombes en partance !
Mais les ailes de bois
Tournent si lentement !
Une pièce au creux des mains, la chandeleur s'annonce.
Dans son costume gris vert,
Valentin va passer
Egayer le jardin, le chemin et les ronces.
Savoure, petite Carole,
Ce bonheur éphémère
Où bouquets d'illusions se cueillent à foison.
Garde encore, un moment,
Ton coeur en bandoulière
Et fredonne, en riant, ta plus jolie chanson.
Automnale
JE NE T'ATTENDRAI PAS
Le train s'essoufflera dans une gare grise,
Où bien des voyageurs marcheront de guingois.
Sur le quai des espoirs, tu prendras ta valise,
Ton capuchon de pluie, ton air un peu narquois.
Je ne t'attendrai pas au bout des escaliers,
Que d'autres égéries ont blessés avant toi.
Rue de La Boétie, les arbres enrhumés
T'offriront des couleurs aux dégradés de soie.
Le marchand de marrons réchauffera tes doigts.
Ton petit coeur frileux tremblera d'émotion.
Vers l'étal aux épices, là où la vie flamboie,
Tu humeras l'anis, les cèpes de saison.
Je ne t'attendrai pas à l'entrée de l'hôtel,
Où bien d'autres amants ont frémi avant toi.
Et, dans la chambre nue, le grand lit isabelle
Criera de solitude, d'immense désarroi.
Alors, tu bâtiras une maison de roses,
Avec des volets clos, des pétales de joie.
Mais je ne viendrai pas, du moins je le suppose,
Avec le désir fou de me fondre en toi.
Automnale
Où sont passés les cerfs-volants,
Les vagues bleues, les lilas blancs ?
Désarroi.
Dans la vase, je m'enlise,
Les sables mouvants glissent.
Hier, j'écoutais la chaleur de ta voix,
Les battements de ton coeur luttant contre le vent.
Sans toi,
Je titube sur les dunes.
Ton ombre passe sur la lagune.
Et les sables mouvants glissent.
Les gondoles mènent les morts à l'église.
Sur l'autre rive.
Dans un patio désert, j'erre,
Hantée par les rites funéraires.
La lumière descend du campanile,
Mais je sais son humeur assassine.
Le ponton tangue.
Le bonheur fuit comme l'anguille,
Comme ton parfum de vanille.
Où sont passés les cerfs-volants,
Les vagues bleues, les lilas blancs ?
Etourdissements.
Sur la lagune, je dérive.
Vers l'autre rive.
Automnale
Caro - Femme Mystère
http://arts-deco-toile-caro.skyrock.com/
Je vois se dessiner à travers les carreaux,
Fumée filigranée, en affiche art déco...
Une énigme de femme qui ne dit pas son nom.
Je la sens écharpe et soie.
Je la vois tweed et sépia,
Pelotonnée au creux d'un canapé vieilli,
Perdue dans les méandres d'un Agatha Christie.
Quand elle ne s'en va pas chasser les papillons.
Elle embarque sur l'Orient-Express,
Vapeurs cotonneuses,
Ou mers houleuses.
Elle tient la clé des promesses,
Déambulant, les nuits d'hiver,
Ourlant dans son abécédaire
Une fleur pour les boutonnières.
A l'hôtel des Sables dorés,
Elle dérobe leurs parfums
Aux inconnus dans le matin,
Sur une mélodie oubliée,
Dans des bribes de mots surannés.
Un jour, nous marcherons au coeur de Brocéliande.
Auprès de la fontaine qui redit les légendes,
Elle me racontera la vie de George Sand,
En attendant, qui sait, le train pour Samarkande.
Danie MB
William Turner - Lagune sous la brume
J'étais monté, radieux, dans le train de l'espoir, celui qu'on ne prend qu'une fois.
Ignorant les tunnels où s'engouffrait l'express, et les cités fantômes au-delà des barrières ; indifférent au Danube princier, je me languissais des lagunes, du langage volé au vent flottant sur le Lido.
Venise, je t'ai haïe.
Ville accrochée au coeur, sans rimes ni raisons.
Ville de frissons, sur l'eau verdie et glauque.
Venise, j'ai haï tes pigeons de malheur.
Sous tes ponts arc-boutés, où les matins ne sont jamais limpides, tu te terres, ville des peut-être. Seul, un masque, attardé au milieu du tableau, se faufile sous le fanal de l'embarcadère.
Des brouillards se lèvent, en sfumetto, sur un air assourdi qui se voudrait Verdi.
Dans le canal-miroir, sous le Pont de la Paille où je stagne étranger, sa chevelure rousse se perd dans les remous.
Sur le quai de la gare, dans la cacophonie des porteurs polyglottes, je serre dans mon poing cet anneau inutile.
A la page de garde du livre que j'entrouvre quand le wagon tressaille, je lis la dédicace :
"Toute ressemblance... serait pure coïncidence."
Et en fermant les yeux, je sens un parfum d'eau, sous les arches brumeuses de son regard noyé.
Et j'oublie que je la hais.
Danie MB
Elisabeth Baysset - Petit enfant
http://elisabethbaysset.canalblog.com/
Il gelait à pierre fendre, ce matin de Noël,
Quand j'allais chez mon père.
Il résidait, alors, en banlieue tourangelle
Et m'appelait, sévère,
"Le petit malvenu".
Il ne voulait pas que je naisse.
*****
Etonné, je le vis, à l'entrée du jardin,
M'attendant, l'air de rien,
Sous un vieux cognassier
Du Japon ou fruitier !
Par ce temps de froidure, il avait fière allure
Avec sa longue écharpe d'étudiant attardé.
Il lisait du Shakespeare ! Un poète dramatique !
Bien sûr, j'en profitais pour épier, en secret,
Sa bouche un peu trop grande,
Ses muscles zygomatiques !
Mais ce qui me frappait, c'était surtout son nez
Bourbonien !
Il avait le regard de ces explorateurs
Craignant, pour la planète, le réchauffement.
Dans ses beaux yeux de bille,
D'agate tourmentée,
J'imaginais le vent, dans l'Oural tournoyant,
Sur le Ienisseï, la glace craquelant.
Je me posais des questions !
Pourquoi ce manteau blanc, à boutons d'officier,
Dissimulant ses pieds ?
Et pourquoi ces brindilles sur des doigts décharnés
Qui ne s'accordaient guère
Avec la bonhomie d'un ventre de notaire ?
*****
Il gelait à pierre fendre, ce matin de Noël,
Quand soudain retentit, comme un cri,
Un appel destiné au petit malvenu
Découvrant, solitaire,
Un bougre populaire sculpté dans l'éphémère :
Un bonhomme de neige !
Automnale
Les alignements de Lagatjar
J'ai aimé Lagatjar, la chanson des menhirs
Que fredonnait le vent,
Passager de la lande,
Les tapis de bruyère, aux reflets de saphir,
L'Iroise, dans la brume,
Dansant la sarabande.
J'ai aimé, sur la grève, les bouquets de goémon,
Les dunes de Pen Hat,
Aux parfums d'immortelles,
Le vieux manoir en ruines, ses tours en pâmoison,
Les oeillets du poète
Aux mots de violoncelle.
Je voulais un penty aux teintes de rivière,
Tantôt jade, tantôt grise,
Menthe ou opaline,
Un jardin d'hortensias aux chauds murets de pierre
Protégeant notre amour
Des risées et des bruines.
Je voulais, sur les quais, sans fin tenir ta main,
Tracer notre chemin
A l'ambre des sillons,
Poser, sur ton bonheur, des lampions, des refrains,
Ciseler l'astérie
A l'aubier du ponton.
Mais je n'ai rien bâti et mes rêves s'enlisent
Dans le cimetière marin
Aux palettes sépia.
Mais je n'ai rien bâti, juste une balise
Pour affronter en vain
Le grand coup de tabac.
J'ai aimé Lagatjar, la chanson des menhirs
Que fredonnait le vent,
Passager de la lande,
Les tapis de bruyère aux reflets de saphir,
L'Iroise, dans la brume,
Dansant la sarabande.
Automnale
Je venais le chercher à la sortie des cours,
Qu'il donnait autrefois dans la ville bourgeoise,
Revêtue, pour lui plaire, de mes plus beaux atours,
Sous un imperméable brume de mer d'Iroise.
Parmi les étudiants et dans le vent bohème,
Comment dissimuler un désir incendiaire ?
Les giboulées de mars nous lançaient des diadèmes,
Des poèmes d'albâtre, des rêves de lumière.
Nous prenions le chemin des baisers éphémères,
Des plaisirs volatils, des caresses frivoles.
Nous planions rue Prévert, tremblions rue Baudelaire,
Comme des papillons suivant leur course folle.
Sous la porte cochère de l'avenue Voltaire,
Propice aux secrets des doigts qui s'entrecroisent,
Monsieur le professeur de droit et d'adultère
Ouvrait l'imperméable brume de mer d'Iroise.
Il devenait urgent de se mettre à l'abri,
Dans le petit hôtel du square Apollinaire.
Le patron réservait, aux amoureux transis,
La chambre mansardée fleurant la primevère.
Aujourd'hui, quand je passe devant la faculté,
Seule, désemparée, sans gypse ni turquoise,
J'essaie d'imaginer des teintes mordorées
Sous un imperméable brume de mer d'Iroise.
Automnale