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Date de création : 24.01.2011
Dernière mise à jour : 18.05.2013
541articles


Quelques chansons de Barbara

EGLANTINE

Publié le 29/11/2012 à 10:43 par escapadeautomnale
EGLANTINE

 

 

Dans la grande maison d'Eglantine,

Les volets se sont fermés.

Dans le matin léger, Eglantine

Pour toujours s'en est allée...

Pour toujours s'en est allée...

 

 

Et l'enfant veuf,

Superbe dans ses habits de velours,

L'enfant veuf

Pleure sur son premier chagrin d'amour.

 

 

Nous n'irons plus jamais

Dans les grandes allées qu'elle aimait

Pour cueillir en bouquet

Les roses transparentes de mai.

 

 

Sous son ombrelle,

Ma fiancée,

Qu'elle était belle.

Je l'avais toute à moi,

Ma mie, ma divine.

 

 

Elle riait de ses bavardages

Et partageait ses secrets.

Elle disait : "Mon enfant sauvage,

Mon chéri, mon adoré,

Mon tout petit fiancé".

 

 

Contre cent mille,

Sans épée, sans chevaux et sans armée,

Pour Eglantine,

Il guerroyait des caves aux greniers.

De la cuisine offerte,

Montaient l'odeur du pain grillé,

Le goût des pommes vertes

Mêlées aux myrtilles écrasées.

 

 

Dans le jardin,

Sa fiancée,

Qu'elle était belle,

Sa tendresse,

Sa mie, sa divine.

 

 

Dedans le grand salon d'Eglantine,

Les roses sont effeuillées.

Sur le piano, quelques sonatines

Commencées, inachevées...

Commencées, inachevées...

Et l'enfant triste,

Superbe dans son habit de velours,

L'enfant triste

D'un doigt, rejoue la valse des amours.

 

 

Sous le lustre en cristal,

Elle le tenait dans ses bras.

C'était son premier bal,

C'était hier,

Que c'est loin déjà...

 

 

Sous sa dentelle,

Sa fiancée,

Qu'elle était belle...

Ils ne danseront plus jamais,

Plus jamais.

 

 

Dans la grande chambre d'Eglantine,

L'enfant s'est agenouillé.

Sur le lit blanc, repose Eglantine.

Il a posé un baiser,

Au bout de ses doigts glacés.

 

 

Le pays où tu vas,

Où l'on ne va pas quand on est petit,

Le pays des parents,

Où j'irai aussi quand je serai grand,

Aura-t-il des prairies,

Des chevaux blancs ?

Est-ce loin ce pays ?

Oh ! Emmène-moi,

Dis, grand-mère.

 

 

Sur la grande maison d'Eglantine,

Le portail s'est refermé.

C'est fini, c'est fini,

Eglantine

Pour toujours s'en est allée,

Pour toujours s'en est allée.

 

 

A pas lents,

Derrière de grands chevaux de velours,

Un enfant

Pleure sur son premier chagrin d'amour.

 

 

Oh ! Ma grand-mère

Comme je l'aimais.

Sous sa dentelle,

Ma fiancée,

Qu'elle était belle...

Oh ! Grand-mère

Pourquoi m'as-tu quitté ?

 

 

Sur la grande maison d'Eglantine,

Le portail s'est refermé...

Le portail s'est refermé...

 

 

 

Barbara

 

 

Musique et interprétation : Barbara

 

 

 

LA SOLITUDE

Publié le 30/10/2012 à 13:42 par escapadeautomnale
LA SOLITUDE

Edward Hopper - Automate, 1927

Huile sur toile - Des Moines Art Center, Iowa

 

 

Je l'ai trouvée devant ma porte,

Un soir que je rentrais chez moi,

Partout elle me fait escorte,

Elle est revenue, la voilà,

La renifleuse des amours mortes,

Elle m'a suivie pas à pas,

La garce, que le diable l'emporte,

Elle est revenue, elle est là.

 

 

Avec sa gueule de carême,

Avec ses larges yeux cernés,

Elle nous fait le coeur à la traîne,

Elle nous fait le coeur à pleurer,

Elle nous fait des matins blêmes

Et de longues nuits désolées,

La garce, elle nous ferait même

L'hiver au plein coeur de l'été.

 

 

Dans ta triste robe de moire,

Avec tes cheveux mal peignés,

Tu as la mine du désespoir,

Tu n'es pas belle à regarder.

Allez ! Va-t-en porter ailleurs

Ta triste gueule de l'ennui,

Je n'ai pas le goût du malheur,

Va-t-en voir ailleurs si j'y suis.

 

 

Je veux encore rouler des hanches,

Je veux me saouler de printemps,

Je veux m'en payer des nuits blanches,

A coeur qui bat, à coeur battant.

Avant que sonne l'heure blême

Et jusqu'à mon souffle dernier,

Je veux encore dire : "je t'aime"

Et vouloir mourir d'aimer.

 

 

Elle a dit : "Ouvre-moi ta porte,

Je t'avais suivie pas à pas,

Je sais que tes amours sont mortes,

Je suis revenue, me voilà.

Il t'ont récité leurs poèmes,

Tes beaux messieurs, tes beaux enfants,

Tes faux Rimbaud, tes faux Verlaine,

Eh ! Bien c'est fini maintenant."

 

 

Depuis, elle me fait des nuits blanches,

Elle s'est pendue à mon cou,

Elle s'est enroulée à mes hanches,

Elle se couche à mes genoux,

Partout elle me fait escorte

Et elle me suit pas à pas,

Elle m'attend devant ma porte,

Elle est revenue, elle est là,

La solitude, la solitude...

 

 

 

BARBARA

 

 

A PEINE

Publié le 23/09/2012 à 10:57 par escapadeautomnale
A PEINE

Photographie Frédéric Le Mouillour - Une vague s'écrase sur la plage

 http://www.survoldefrance.fr/index.php?lang=FR

 

 

A peine le jour s'est levé,

A peine la nuit va s'achever

Que déjà ta main s'est glissée,

Légère, légère.

A peine sorti du sommeil,

A peine, à peine tu t'éveilles

Que déjà tu cherches ma main,

Que déjà tu frôles mes reins.

 

 

L'aube blafarde, par la fenêtre,

L'aube blafarde va disparaître.

C'est beau, regarde par la fenêtre.

C'est beau, regarde le jour paraître.

 

 

A chaque jour recommencé,

A se vouloir, à se garder,

A se perdre, à se déchirer,

A se battre, à se crucifier.

Passent les vents et les marées,

Mille fois perdus, déchirés,

Mille fois perdus, retrouvés,

Nous restons là, émerveillés.

 

 

Mon indocile, mon difficile,

Et puis docile, mon si fragile,

Tu es la vague où je me noie,

Tu es ma force, tu es ma loi.

 

 

A peine le temps s'est posé,

Printemps, hiver, automne, été,

Tu t'en souviens ? C'était hier,

Printemps, été, automne, hiver.

A peine tu m'avais entrevue,

Déjà, tu m'avais reconnue.

A peine je t'avais souri,

Que déjà tu m'avais choisie.

 

 

Ton indocile, ta difficile,

Et puis docile, ta si fragile,

Je suis la vague où tu te noies,

Je suis ta force, je suis ta loi.

 

 

Dans la chambre, s'est glissée l'ombre,

Je t'aperçois dans la pénombre,

Tu me regardes, tu me guettes,

Tu n'écoutais pas, je m'arrête.

Au loin, une porte qui claque,

Il pleut, j'aime le bruit des flaques.

Ailleurs, le monde vit ailleurs,

Et nous, nous vivons là, mon coeur.

Et je m'enroule au creux de toi,

Et tu t'enroules au creux de moi.

 

 

Le temps passe vite à s'aimer,

A peine l'avons-nous vu passer

Que, déjà, la nuit s'est glissée

Légère, si légère.

Ta bouche à mon cou, tu me mords,

Il fait nuit noir au dehors,

Ta bouche à mon cou, je m'endors,

Dans le sommeil, je t'aime encore.

 

 

A peine je suis endormie

Que, déjà, tu t'endors aussi.

Ton corps à mon corps se fait lourd,

Bonsoir, bonne nuit, mon amour...

 

 

 

Barbara

 

 http://youtu.be/hsgusm_TKBo

 

 

MADAME

Publié le 14/05/2012 à 11:45 par escapadeautomnale
MADAME

 

Je reçois à l'instant, où je rentre chez moi,

Votre missive bleue, Madame.

Vingt fois, je la relis, et mes yeux n'y croient pas,

Pourtant c'est écrit là, Madame.

Et de votre douleur, je me sens pénétrée

Mais je ne pourrai rien, Madame.

Vous saurez, comme moi, que de l'avoir perdu,

C'est lourd à supporter, Madame.

 

 

Vous demandez pardon de n'avoir pas compris

Ce qu'était notre amour, Madame.

Vous n'aviez que ce fils, vous aviez peur pour lui,

Et vous l'avez gardé, Madame.

Ne me demandez pas ce qu'a été ma vie

Quand vous me l'avez pris, Madame.

Je me suis toujours tu, ce n'est pas aujourd'hui

Que je vous le dirai, Madame.

Vous eussiez préféré, je vous retrouve-là,

Qu'il fût mort en héros, Madame.

Oui, c'eût été peut-être plus noble, je vous crois,

Que de mourir d'amour, Madame.

Mais qu'il soit mort ici ou qu'il mourût là-bas,

Auriez-vous versé moins de larmes ?

Il en a décidé, lui seul avait le droit,

Il faut vous résigner, Madame.

 

 

C'est trop tard, maintenant, pour que je vous revienne,

Vous vieillirez seule, Madame.

Et ne m'en veuillez pas si je m'en vais cruelle,

Mais je l'ai trop aimé, Madame,

Pour qu'à la fin du jour, près d'une cheminée,

Nous évoquions ensemble, Madame,

Celui que, vous et moi, nous avons adoré

Et perdu tout ensemble, Madame.

 

 

Mais le chagrin m'égare, il faut me pardonner,

J'ai mal de votre mal, Madame,

Mais que faire et que dire, puisqu'il s'en est allé ?

Je ne puis rien pour vous, Madame.

Pour la seconde fois, il va nous séparer,

Non, je ne viendrai pas, Madame,

Car le perdre deux fois, c'est lourd à supporter,

Vous me comprendrez bien, Madame.

 

 

Je reçois à l'instant, où je rentre chez moi,

Votre missive bleue, Madame.

Vingt fois, je l'ai relue, mes yeux n'y croyaient pas,

Pourtant c'est écrit là, Madame.

Et de votre douleur, je me sens pénétrée

Mais je ne puis plus rien, Madame.

Vous savez, aujourd'hui, que de l'avoir perdu

C'est lourd à supporter, Madame...

 

 

 

Rémo Forlani

 

 

Musique et interprétation : Barbara

 

 

 

GARE DE LYON

Publié le 10/04/2012 à 11:54 par escapadeautomnale
GARE DE LYON

 

Je te téléphone,

Près du métro Rome,

Paris, sous la pluie,

Me lasse et m'ennuie,

La Seine est plus grise

Que la Tamise,

Ce ciel de brouillard

Me fout le cafard.

 

 

Car il pleut toujours,

Sur le Luxembourg,

Il y a d'autres jardins

Pour parler d'amour,

Il y a la tour de Pise,

Mais je préfère Venise.

Viens, fais tes bagages,

On part en voyage.

 

 

Je te donne rendez-vous

A la gare de Lyon,

Sous la grande horloge,

Tu sais, près du portillon,

Nous prendrons le train

Pour Capri la belle,

Pour Capri la belle,

Avant la saison.

 

 

Viens voir l'Italie,

Comme dans les chansons,

Viens voir les fontaines,

Viens voir les pigeons,

Viens me dire "je t'aime",

Comme tous ceux qui s'aiment,

A Capri la belle,

En toutes saisons.

 

 

Paris, mon Paris,

Au revoir et merci,

Si on téléphone,

Je n'y suis pour personne,

Je vais dorer ma peau

Dans les pays chauds,

Je vais m'ensoleiller

Près des gondoliers.

 

 

Juste à l'aube grise,

Demain, c'est Venise,

Chante barcarolle,

J'irai en gondole,

J'irai, sans sourire,

Au pont des Soupirs

Pour parler d'amour

A voix de velours.

 

 

Taxi ! Menez-moi

A la gare de Lyon,

J'ai un rendez-vous

Près du portillon,

Je vais prendre le train

Pour Capri la belle,

Pour Capri la belle,

Avant la saison.

 

 

Passant par Vérone,

Derrière les créneaux,

Je verrai le fantôme

Du beau Roméo,

Et je dirai "je t'aime",

A celui que j'aime,

Ce sera l'Italie,

Comme dans les chansons.

Taxi ! Vite, allons

A la gare de Lyon.

 

 

 

Barbara

 

 

Musique et interprétation : Barbara

 

 

 

 

MON ENFANCE

Publié le 21/01/2012 à 15:37 par escapadeautomnale
MON ENFANCE

 

 

J'ai eu tort, je suis revenue

Dans cette ville au loin perdue,

Où j'avais passé mon enfance.

J'ai eu tort, j'ai voulu revoir

Le coteau où glisse le soir,

Bleu et gris, ombre du silence.

Et j'ai retrouvé comme avant,

Longtemps après,

Le coteau, l'arbre se dressant,

Comme au passé.

J'ai marché, les tempes brûlantes,

Croyant étouffer, sous mes pas,

Les voix du passé qui nous hantent

Et reviennent sonner le glas.

Et je me suis couchée sous l'arbre,

Et c'était les mêmes odeurs,

Et j'ai laissé couler mes pleurs,

Mes pleurs.

 

 

 

J'ai mis mon dos nu à l'écorce,

L'arbre m'a redonné des forces,

Tout comme au temps de mon enfance.

Et, longtemps, j'ai fermé les yeux,

Je crois que j'ai prié un peu,

Je retrouvais mon innocence.

Avant que le soir ne se pose,

J'ai voulu voir

La maison fleurie sous les roses,

J'ai voulu voir

Le jardin où nos cris d'enfants

Jaillissaient comme sources claires,

Jean, Claude et Régine, et puis Jean,

Tout redevenait comme hier,

Le parfum lourd des sauges rouges,

Les dahlias fauves dans l'allée,

Le puits, tout, j'ai tout retrouvé,

Hélas !

 

 

 

La guerre nous avait jetés là,

D'autres furent moins heureux, je crois,

Au temps joli de leur enfance.

La guerre nous avait jetés là,

Nous vivions comme hors la loi,

Et j'aimais cela, quand j'y pense.

Oh ! Mes printemps. Oh ! Mes soleils.

Oh ! Mes folles années perdues.

Oh ! Mes quinze ans. Oh ! Mes merveilles,

Que j'ai mal d'être revenue.

Oh ! Les noix fraîches de septembre,

Et l'odeur des mûres écrasées,

C'est fou, tout, j'ai tout retrouvé,

Hélas !

 

 

 

Il ne faut jamais revenir

Au temps caché des souvenirs

Du temps béni de son enfance,

Car parmi tous les souvenirs,

Ceux de l'enfance sont les pires,

Ceux de l'enfance nous déchirent.

Vous, ma très chérie, ô ma mère,

Où êtes-vous donc, aujourd'hui ?

Vous dormez au chaud de la terre,

Et moi, je suis venue ici

Pour y retrouver votre rire,

Vos colères et votre jeunesse.

Je suis seule avec ma détresse,

Hélas !

 

 

 

Pourquoi suis-je donc revenue,

Et seule, au détour de ces rues ?

J'ai froid, j'ai peur, le soir se penche.

Pourquoi suis-je venue ici,

Où mon passé me crucifie ?

Elle dort à jamais mon enfance.

 

 

 

 

Barbara

 

 

 

REMUSAT

Publié le 02/11/2011 à 13:05 par escapadeautomnale
REMUSAT

 

 

Vous ne m'avez pas quittée,

Le jour où vous êtes partie.

Vous êtes à mes côtés,

Depuis que vous êtes partie.

Et pas un jour ne se passe,

Pas une heure, en vérité,

Au fil du temps qui passe,

Où vous n'êtes à mes côtés.

 

 

Moi, j'ai quitté Rémusat

Depuis que vous êtes partie.

C'était triste, Rémusat,

Depuis que vous n'étiez plus là.

Et j'ai repris ma valise,

Mes lunettes et mes chansons.

Et j'ai refermé la porte,

En murmurant votre nom.

 

 

Sans bottines, sans pélerine,

Mais avec un chagrin d'enfant,

Je suis restée orpheline.

Que c'est bête à quarante ans !

C'est drôle, jamais l'on ne pense

Qu'au-dessus de dix-huit ans,

On peut être une orpheline

En n'étant plus une enfant.

 

 

Où êtes-vous, ma nomade ?

Où êtes-vous, à présent ?

Avec votre âme nomade,

Vous voyagez dans le temps.

Et, lorsque les saisons passent,

Connaissez-vous le printemps ?

Vous qui aimiez tant la grâce

Des lilas mauves et blancs.

 

 

Que vos étés se fleurissent,

Dans votre pays, là-bas,

Aux senteurs odorantes

D'une fleur de mimosa.

Que vos hivers se réchauffent,

Au coin d'une cheminée.

Que les saisons vous soient douces.

Vous avez tant mérité.

 

 

Vous disiez : "Pas une larme,

Le jour où je n'y serai plus."

Et c'est pour cela que je chante,

Pour cela que je continue.

Pourtant, quand je me fais lourde,

Oh ! Que j'aimerais poser

Mon chagrin à votre épaule,

Ma tête sur vos genoux.

 

 

Vous ne m'avez pas quittée,

Le jour où vous êtes partie.

Vous m'avez faite orpheline,

Depuis que vous êtes partie.

Et je suis une orpheline,

Depuis que vous m'avez quittée.

 

 

 

Barbara

 

 

 

 

 

DROUOT

Publié le 01/08/2011 à 13:01 par escapadeautomnale
DROUOT

 

 

Près des paniers d'osier de la salle des ventes,

Une gloire déchue des folles années trente

Avait mis aux enchères, parmi quelques brocantes,

Un vieux bijou donné par quel amour d'antan.

 

 

Elle était là, figée, superbe et déchirante,

Ses mains qui se nouaient, se dénouaient tremblantes,

Des mains belles encore, déformées, les doigts nus,

Comme sont nus, parfois, les arbres en novembre.

 

 

Comme tous les matins, dans la salle des ventes,

Bourdonnait une foule, fièvreuse et impatiente,

Ceux qui, pour quelques sous, rachètent pour les vendre

Les trésors fabuleux d'un passé qui n'est plus.

 

 

Dans ce vieux lit cassé, en bois de palissandre,

Que d'ombres enlacées ont rêvé à s'attendre.

Les choses ont leurs secrets, les choses ont leurs légendes,

Mais les choses nous parlent si nous savons entendre.

 

 

Le marteau se leva, dans la salle des ventes,

Une fois, puis deux fois, alors, dans le silence,

Elle cria : "Je prends, je rachète tout ça,

Ce que vous vendez là, c'est mon passé à moi".

 

 

C'était trop tard, déjà, dans la salle des ventes,

Le marteau retomba sur sa voix suppliante.

Elle vit s'en aller, parmi quelques brocantes,

Le dernier souvenir de ses amours d'antan.

 

 

Près des paniers d'osier, dans la salle des ventes,

Une femme pleurait ses folles années trente,

Et revoyait soudain défiler son passé,

Défiler son passé, défiler son passé.

 

 

Car venait de surgir, du fond de sa mémoire,

Du fond de sa mémoire, un visage oublié,

Une image chérie, du fond de sa mémoire,

Son seul amour de femme, son seul amour de femme.

 

 

Hagarde, elle sortit de la salle des ventes,

Froissant quelques billets, dedans ses mains tremblantes,

Froissant quelques billets, du bout de ses doigts nus,

Quelques billets froissés, pour un passé perdu.

 

 

Hagarde, elle sortit de la salle des ventes.

Je la vis s'éloigner, courbée et déchirante.

De ses amours d'antan, rien ne lui restait plus,

Pas même ce souvenir, aujourd'hui disparu.

 

 

Barbara

 

 

 

 

VIENNE

Publié le 19/03/2011 à 18:56 par escapadeautomnale
VIENNE

 


Si je t'écris ce soir de Vienne
J'aimerais bien que tu comprennes
Que j'ai choisi l'absence
Comme dernière chance
Notre ciel devenait si lourd


Si je t'écris ce soir de Vienne
C'est beau, tu sais, l'automne à Vienne
C'est que sans réfléchir
J'ai préféré partir
Et je suis à Vienne sans toi


Je marche je rêve dans Vienne
Sur trois temps de valse lointaine
Il semble que les ombres
Tournent et se confondent
Qu'ils étaient beaux les soirs de Vienne


Ta lettre a dû croiser la mienne
Non, je ne veux pas que tu viennes
Je suis seule et puis j'aime
Etre libre oh que j'aime
Cet exil à Vienne sans toi


Une vieille dame autrichienne
Comme il n'en existe qu'à Vienne
Me loge et dans ma chambre
Tombent de pourpre et d'ambre
De lourdes tentures de soie


C'est beau à travers les persiennes
Je vois l'église Saint-Étienne
Et quand le soir se pose
Ces bleus ces gris ces mauves
Et la nuit par-dessus les toits


C'est beau Vienne
C'est beau Vienne


Cela va faire une semaine
Déjà que je vis seule à Vienne
C'est curieux le hasard
J'ai croisé l'autre soir
Nos amis de Luntachimo


Cela va faire une semaine
Ils étaient de passage à Vienne
Ils n'ont rien demandé
Mais se sont étonnés
De me voir à Vienne sans toi


Moi, moi je me promène
Je suis bien, je suis bien...


Et puis de semaine en semaine
Voilà que je vis seule à Vienne
Tes lettres se font rares
Peut-être qu'autre part
Tu as trouvé l'oubli de moi


Je lis, j'écris mais quand même
Oh ! Qu'il est long l'automne à Vienne
Dans ce lit à deux places
Où la nuit je me glace
Tout à coup j'ai le mal de toi


C'est long Vienne
C'est loin Vienne

 

Si je t'écris ce soir de Vienne
Chéri, il faut que tu comprennes

J'étais partie

Pardonne-moi

Notre ciel devenait si lourd

 

 Et toi de Paris jusqu'à Vienne
Au bout d'une invisible chaîne
Tu me guettais, je pense,
Jouant l'indifférence
Et tu m'as gardée malgré moi


Il est minuit ce soir à Vienne
Mon amour je veux que tu viennes
Tu vois je m'abandonne
Il est si beau l'automne
Et je veux le vivre avec toi


 

 C'est beau Vienne

Avec toi Vienne

 

Barbara

 

Interprétation : Barbara

 Composition musicale : Barbara - Roland Romanelli

 

  


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