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joli !
hortensia http://poetess hortensia.cent erblog.net
Par poetesshortensia, le 18.05.2013
merci pour cette ballade avec renoir j'adore anitahttp://ga lerielilebleue .centerblog.ne t
Par galerielilebleue, le 18.05.2013
ah ! je ne sais, mon cher jean-louis... et, en regardant la carte météo - je dis cela pour faire rager nos ami
Par escapadeautomnale, le 18.05.2013
oh ! mon dieu, voilà que cela le reprend ! enfin, je constate avec plaisir que l'ouvrage, en 35 volumes, sur h
Par escapadeautomnale, le 18.05.2013
quand pourrons nous enfin nous installer en terrasse ?
amitiésh ttp://youtube+ lucasjl.center blog.net
Par lucasjl, le 18.05.2013
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Date de création : 24.01.2011
Dernière mise à jour :
19.05.2013
542articles
Jean-François Millet - Les glaneuses, 1857
Huile sur toile - 83,5 X 110 cms
Musée d'Orsay, Paris
Pierre-Auguste Renoir - Portrait de Claude Renoir peignant, 1907
ou Claude au chevalet
Huile sur toile - 55 X 46 cms
Collection privée
Pierre-Auguste Renoir - Terrasses à Cagnes, 1905
Huile sur toile - 46 X 55,5 cms
Collection privée
Cela faisait longtemps que nous n’avions publié, sur le blog des escapades, un article de presse. En voici un, bref mais fort intéressant.
LE SAVIEZ-VOUS ?
La spermatogenèse est plus efficace à une température de 34°C, ce qui explique la position des testicules à l’extérieur du corps. Or les slips moulant augmentent cette température de 3,5°C et ralentissent ainsi la production, rendant de ce fait les spermatozoïdes moins mobiles.
Le responsable d’une étude… écossaise va plus loin en affirmant que la baisse de fertilité des Ecossais constatée ces cinquante dernières années aurait pour cause le fait que les hommes ne portent plus que très rarement le kilt, cette jupe traditionnelle qui, rappelons-le, se porte sans rien dessous et améliore la circulation de l’air…
A présent, vous le savez : porter un kilt rend plus fertile… A bon entendeur !
Source : Le Nouvel Observateur
BOCO - L'entrée du chenal
http://www.galeriedominiquec.com/artiste.php?select=BOCO
JE T'AIME
Je t'aime pour toutes les femmes que je n'ai pas connues
Je t'aime pour tous les temps où je n'ai pas vécu
Pour l'odeur du grand large et l'odeur du pain chaud
Pour la neige qui fond pour les premières fleurs
Pour les animaux purs que l'homme n'effraie pas
Je t'aime pour aimer
Je t'aime pour toutes les femmes que je n'aime pas
Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu
Sans toi je ne vois rien qu'une étendue déserte
Entre autrefois et aujourd'hui
Il y a eu toutes ces morts que j'ai franchies sur de la paille
Je n'ai pas pu percer le mur de mon miroir
Il m'a fallu apprendre mot par mot la vie
Comme on oublie
Je t'aime pour ta sagesse qui n'est pas la mienne
Pour la santé
Je t'aime contre tout ce qui n'est qu'illusion
Pour ce coeur immortel que je ne détiens pas
Tu crois être le doute et tu n'es que raison
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi.
Paul Eluard
Jean-Marc Janiaczyk - Les fleurs du jardin - Peinture à l'huile, au couteau
http://jean-marc.janiaczyk.pagesperso-orange.fr/
LE JARDIN EXTRAORDINAIRE
C'est un jardin extraordinaire,
Il y a des canards qui parlent anglais,
Je leur donne du pain, ils remuent leur derrière
En me disant : "Thank you very much, Monsieur Trenet".
On y voit aussi des statues
Qui se tiennent tranquilles tout le jour, dit-on,
Mais moi, je sais que, dès la nuit venue,
Elles s'en vont danser sur le gazon.
Papa, c'est un jardin extraordinaire,
Il y a des oiseaux qui tiennent un buffet,
Ils vendent du grain, des petits morceaux de gruyère,
Comme clients ils ont monsieur le maire et le sous-préfet.
Il fallait bien trouver, dans cette grande ville maussade,
Où les touristes s'ennuient au fond de leurs autocars,
Il fallait bien trouver un lieu pour la promenade,
J'avoue que, ce samedi-là, je suis entré par hasard
Dans... dans...
Ce jardin extraordinaire,
Loin des noirs buildings et des passages cloutés,
Il y avait un bal, que donnaient des primevères,
Dans un coin de verdure, les petites grenouilles chantaient
Une chanson pour saluer la lune.
Dès que celle-ci parut, toute rose d'émotion,
Elles entonnèrent, je crois, la valse brune,
Une vieille chouette me dit : "Quelle distraction !"
Maman, dans ce jardin extraordinaire,
Je vis soudain passer la plus belle des filles,
Elle vint près de moi, et là me dit sans manières :
"Vous me plaisez beaucoup, j'aime les hommes dont les yeux brillent".
Il fallait bien trouver, dans cette grande ville perverse,
Une gentille amourette, un petit flirt de vingt ans
Qui me fasse oublier que l'amour est un commerce
Dans les bars de la cité,
Oui mais, oui mais...
Pas dans... dans...
Mon jardin extraordinaire,
Un ange du bizarre, un agent nous dit :
"Etendez-vous sur la verte bruyère,
Je vous jouerai du luth pendant que vous serez réunis".
Cet agent était un grand poète,
Mais nous préférions, Artémise et moi,
La douceur d'une couchette secrète
Qu'elle me fit découvritr au fond du bois.
Pour ceux qui veulent savoir où le jardin se trouve,
Il est, vous le voyez, au coeur de ma chanson,
J'y vole parfois quand un chagrin m'éprouve,
Il suffit pour ça d'un peu d'imagination...
Il suffit pour ça d'un peu d'imagination...
Il suffit pour ça d'un peu d'imagination...
Charles Trenet
COMPOSITION MUSICALE ET INTERPRETATION : CHARLES TRENET
L'HORLOGE
Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : "Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible ;
Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.
Trois mille six cent fois par heure, la Seconde
Chuchote : "Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !
Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !
Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente ; souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.
Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche, il est trop tard !"
Charles Baudelaire
Colette et Maurice Goudeket (qui fut son troisième mari)
MAURICE GOUDEKET RACONTE
SA RENCONTRE AVEC COLETTE
C’était chez des gens du monde, où je dînais assez souvent. J’y avais lié connaissance avec Marguerite Moréno. Un soir, sans que j’en eusse été prévenu, en entrant dans le salon, Colette se trouvait là, amenée par sa grande amie Moréno. Vêtue d’une robe imprimée, elle était étendue à plat ventre sur le sofa. La tête levée, sous les cheveux ébouriffés, les bras nus dont me frappèrent les belles attaches, un peu trop en chair au reste, elle ressemblait à un grand félin qui s’étire. Je ne l’avais jamais rencontrée, je n’avais jamais entendu sa voix de bronze, roulant les r bourguignons. Je ne sais pourquoi, je l’observai sans bienveillance. A table, je me trouvai placé à sa droite. Je me souviens qu’il y avait là aussi Léon Blum. A peine assise, Colette saisit une pomme dans une corbeille de fruits placée à sa droite. Je m’imaginai qu’elle jouait son propre personnage, et ma méfiance s’en accrut ; mais je ne pouvais détacher mon regard de ce profil si particulier, ouverture expressive de l’œil qu’ombrait une mèche de cheveux blonds cendrés, nez qui s’allongeait en fin de course, pommettes larges, arc mince de la bouche, menton aigu. Je lui versai à boire, elle en parut étonnée et m’envoya un regard bleu de nuit, ironique et scrutateur, mais dont n’était pas absente je ne sais quelle nostalgie. Quelque chose d’agreste et de sain se dégageait d’elle.
Je lui dis des banalités, elle y répondit avec un naturel que de nouveau je pris pour une attitude. Elle ne se mêla à la conversation qui, par-dessus la nappe, agitait des idées générales, qu’une fois par un « pourquoi ? » qui remettait tout en question, embarrassa les interlocuteurs et ne trouva pas sa réponse. Le reste de la soirée se traîna. Elle ne s’amusa pas beaucoup. Moi non plus. Je ne la revis qu’un mois après, brièvement, dans les coulisses du théâtre de la Renaissance où elle jouait Léa.
Pâques tomba tôt cette année 1925. Je formai le projet de passer quelques jours en Italie, puis j’y renonçai sans motif. Je ne prenais pas goût à grand-chose. Je sentais bien que j’étais dans une impasse. J’avais toujours trop exigé du destin, sans rien faire pour l’aider. En réalité, je n’avais pas su passer d’une enfance follement imaginative, nourrie de littérature, à une adolescence et à une maturité plus réalistes. Enfant, je rêvais de gloire, mais de gloire à l’état pur, sans même envisager ce qui me la vaudrait. Quant à l’amour, il ne pouvait se présenter que par la rencontre, dans les circonstances les plus romanesques, d’un être merveilleux avec qui je me maintiendrais, jusqu’à notre mort commune, sur les sommets de l’extase et de la passion.
A trente-cinq ans, je n’avais pas tellement baissé de ton. Aussi usais-je, pour ne pas trahir cet état puéril, d’une grande circonspection, d’où les apparences de froideur, un air compassé, quelque chose d’inadapté. Des liens parfois formés étaient aussitôt rompus, parce que je voulais me garder, avec toute la fraîcheur de mes sentiments, pour cet amour unique, auquel tout au fond de moi je ne croyais plus. Un petit volume de vers publié avait mérité quelque approbation, mais ce n’était pas là la gloire, et je cessai sinon d’écrire, du moins de rien faire paraître. Une certaine réussite dans les affaires me procurait l’aisance, mais surtout l’ennui. J’avais beau me dire qu’à demander au destin ce qu’il ne peut vous donner, on risque le dessèchement, et qu’à force de refuser ce que la vie vous offre, on court la chance, si le bonheur passe à votre portée, de ne pas reconnaître son visage, le pli était pris : je me rencognais chaque jour davantage.
J’optai en fin de compte pour le Cap d’Ail et l’hôtel depuis transformé en appartements, où séjournaient les amis que j’avais en commun avec Marguerite Moréno. Nous fîmes le voyage dans ma voiture, Marguerite, un garçon que nous devions déposer à Nice, mon chauffeur et moi. La voiture était découverte, le froid attardé. Il fallait arrêter de temps en temps pour dégeler les occupants de l’arrière. Marguerite portait le manteau fait dans une vieille couverture, que tout le monde lui a toujours connu. Elle brilla d’humour tout le long de la route.
Nous étions depuis quelques jours au Cap d’Ail, parmi les bordures de giroflées mauves, quand Marguerite nous annonça que Colette arrivait le lendemain. Cette arrivée n’était pas concertée entre les deux amies. Mais le neveu de Moréno, resté à Paris, cherchait à rejoindre sa parente. Comme on venait de livrer à Colette une petite voiture neuve, il lui avait remontré que la seule façon de roder une voiture était de la mener jusqu’au Cap d’Ail.
- Ah ! dis-je, on était si tranquille !
Mes amis me regardèrent et j’écoutai en moi la résonance de mes paroles. Il est certain que le souvenir de ma première rencontre avec Colette me causait chaque fois de la gêne. Elle avait produit sur moi une forte impression, et cela suffisait, tant j’avais pris l’habitude de brider mes inclinations, pour me mettre en défiance.
Elle vint. Pendant le jour, elle restait invisible, sortant et travaillant. Le soir nous trouvait tous réunis pour dîner et jouer, ensuite, à un jeu de cartes fort anodin qui s’appelle le taminti, atténuation de : t’as menti. Colette y riait de bon cœur, s’abandonnait à sa vivacité, à son enjouement. Pour moi, je montrais de plus en plus de réserve, au point qu’un des joueurs, puisque le jeu consiste à découvrir celui qui ment, remarqua :
- Oh ! avec Maurice, c’est difficile. Il est toujours calme comme…, comme…
Colette me jeta par-dessus ses cartes un rapide regard, et compléta la comparaison :
- Comme une flamme couverte, dit-elle à mon étonnement.
Le lendemain, je reçus une dépêche me rappelant à Paris, et je décidai de partir le soir même par le train. Chacun était d’ailleurs, plus ou moins, sur son départ. La voiture de Colette, conduite par Pierre Moréno, complétait déjà son rodage en sens inverse. J’offris à Colette la mienne qui, autrement, reviendrait à vide avec le chauffeur. Elle accepta avec joie, n’aimant rien tant que flâner le long d’une route.
Je pris congé, pour aller attendre le train bleu à Monte-Carlo. En chemin, je songeai à ces quelques jours passés, avec un soupçon de regret mais aussi avec du soulagement. Après tout, entre elle et moi rien n’était possible, ni souhaitable. Une lettre de remerciement, un livre dédicacé, nos relations se borneraient là. Et tout était bien ainsi.
Je n’avais pas retenu ma place. Mais je voyageais souvent à cette époque, et je savais qu’il y avait, du moins alors, toujours un accommodement avec le ciel de lit des wagons. Au pire, les contrôleurs disposaient d’un compartiment à eux, situé sur les roues, qu’ils cédaient volontiers. Enfin il n’y avait pas d’exemple, quelle que fût l’affluence, que je n’eusse pu me loger dans un train de nuit. Or, ce jour-là, je n’y parvins pas. J’eus beau danser la danse de la séduction, employer des arguments que je pensais décisifs, en augmenter le poids jusqu’au-delà du raisonnable, il n’y avait réellement pas une niche libre. Force me fut de m’en retourner, assez penaud, au Cap-d’Ail.
- Cette voiture, dis-je à Colette, je vous l’ai donnée pour qu’elle vous ramène à Paris, je ne saurais vous la reprendre. C’est à moi maintenant de vous y demander une hospitalité, que vous êtes libre de me refuser.
Elle se prit à rire.
Nous partîmes le lendemain matin.
Que dire de ce voyage ? Je conduisais, Colette était assise à côté de moi, le chauffeur s’ennuyait derrière nous parmi les bagages. Nous traversions une Provence toute rose de pêchers en fleur, à la rencontre des printemps plus nuancés de la Bourgogne et de l’Ile-de-France. Colette parlait peu, mais c’était pour faire entrer le paysage tout entier dans la voiture, le tuf de la terre, l’odeur profonde du végétal, l’oiseau invisible, l’eau cachée.
Au cours du déjeuner, elle me posa une question : « - Pourquoi écrivez-vous ? » et je fus amené à me raconter un peu. Comme elle était accessible, comme tout devenait clair et transparent dans son climat ! Un mot d’elle, une phrase, je sentais me quitter l’une après l’autre mes inhibitions, et je n’osais même plus leur donner ce nom barbare. Car le monde qu’elle me restituait était un monde réel, celui de la poésie quotidienne, qui allait devenir notre domaine.
Rentré à Paris, je reçus un livre qui était La Vagabonde : « A Maurice Goudeket, en souvenir de mille kilomètres de vagabondage. » Une invitation à déjeuner accompagnait cet envoi.
Je songe parfois à tout ce qu’il faut de rencontres réussies, de pièges déjoués pour que se forme une destinée, pour que se noue un couple. Une porte qu’on croit fermée, une montre retardée, un faux pas, un encombrement de voiture, un wagon-lit disponible… et c’en est fait. Libre à qui veut, de se fier aux conjonctions d’astres pour démêler ces imbroglios, et si un jour je crois à un dieu, je me ferai de lui une idée trop haute pour le faire intervenir dans ces tâtonnements d’aveugles. Nous marchons à travers un cimetière de bonheurs, manqués faute d’un mot, d’un geste, d’une bulle, et que d’êtres, à l’un l’autre promis, se sont en vain croisés dans le brouillard !
Maurice Goudeket
« Près de Colette »
Robert Blot - Collioure
COLLIOURE
Connaissez-vous ce port, sur la côte Vermeille,
Niché entre château,
Montagne, vieille ville ?
Les barques catalanes, qui prennent le soleil,
Ont les mêmes couleurs
Qu'un tableau de Matisse.
A l'ombre de la pierre, aux reflets de lumière,
Posons le chevalet,
Comme le fit l'artiste.
Et quand sonne midi, au clocher de l'église,
Flânons dans les ruelles
Aux marches fantaisistes.
Collioure fleure bon les sardines, l'anchois,
Un zeste de figuiers,
Un parfum de rousquilles.
Des dames un peu ridées, comme coques de noix,
Se rient des estivants
Au pointu de l'accent.
Longent nonchalamment la Méditerranée,
Des maisons de pêcheurs
Aux volets bariolés.
Et les draps aux fenêtres, en camaïeux de ciel,
Tels de fiers étendards,
Toisent le vent d'Espagne.
La moustiquaire secrète, un jardin de poète
Conservent, sous scellés,
Les beaux étés passés,
Les amours de Fifi et de la douce Arlette,
Cette madame Andrée
Et le fils d'Etiennette.
J'entends encore le rire de mes chers souvenirs...
Trêve de nostalgie,
Car la sieste finie,
Nous irons deviser sur le banc attiédi
Que tous les gens d'ici
Nomment "banc du curé".
Puis allons chez Mimi, l'épicière célèbre,
Qui vante ses courgettes
Avec des mots d'orfèvre.
Ses melons, ses oignons égrènent les saisons...
Passe la tramontane,
Au pays des sardanes.
Oh ! Que j'aime ce port, sur la côte Vermeille,
Niché entre château,
Montagne, vieille ville.
Les barques catalanes, qui prennent le soleil,
Ont les mêmes couleurs
Qu'un tableau de Matisse.
Automnale
COMPOSITION MUSICALE ET INTERPRETATION :
JEAN-MARIE DJIBEDJIAN
Miho Hirakawa - Rue de Ménilmontant à Paris
Huile sur toile 60 X 73 cms
http://miho.hirakawa.online.fr/
LES MAISONS DU DESTIN
Il y a des maisons dont je n'approche guère
Que par un mouvement timide de la main
Comme s'il s'agissait d'un cheval de barrière
Habitué à des caresses de forain
Des maisons qui n'ont rien pour elles que des portes
Toujours béantes sur la tartine d'un enfant
Et des étages aux lingeries désespérantes
Que ne parvient à regonfler un maigre vent
J'écoute avant d'entrer le bruissement de pierre
Que font au bord du ciel ces maisons du destin
La pluie d'avril ne chante pas dans les gouttières
Bouchées par un caillot de sang gros comme un poing
Une femme en cheveux qui n'a que sa tristesse
Au-dessus de la rue penche pour y tomber
Le ciel vacille avec des lueurs de lampe à graisse
Très loin parmi de hautes cheminées
Et je monte en tremblant une marche après l'autre
Ainsi qu'un affamé domestique sa faim
Ce soir j'ai du salpêtre sous les côtes
Eblouissant comme une étoile de chagrin
Et je veille avec vous cette ville dormeuse
Enroulée mollement dans la fumée des trains
Tandis que sous le front glacé d'une veilleuse
S'insinue un peu plus de désespoir humain.
René Guy Cadou