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Par escapadeautomnale, le 21.05.2013
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Date de création : 24.01.2011
Dernière mise à jour :
22.05.2013
546articles
Paul Cézanne - L'homme à la pipe, vers 1896
Huile sur toile - 73 X 60 cms
Nous gagnerions plus de nous laisser voir
tels que nous sommes,
que d'essayer de paraître
ce que nous ne sommes pas.
François de La Rochefoucauld
NATHALIE RHEIMS - LAISSER LES CENDRES S’ENVOLER
« J’ai perdu ma mère. Elle a disparu il y a plus de dix ans. Ma mère est morte, je le sais. Mais, lorsque j’y pense, je ne ressens aucun chagrin, par la moindre émotion. Tout reste plat comme une mer gelée, pas un seul petit frémissement à la surface de l’eau. Quand je pense à elle, il ne se passe rien ».
Ainsi commence le roman autobiographique de Nathalie Rheims, « Laisser les cendres s’envoler ».
Mais comment une fille peut-elle ne rien éprouver en songeant à la mort de sa propre mère ? Nathalie Rheims nous l’explique, nous raconte, avec beaucoup de pudeur, sa mère. Et cela fait froid dans le dos.
Ce livre personnel m’a touchée. Sans doute, compte tenu du thème : les relations mère/fille. Sans doute, parce que le récit m’a semblé criant de vérité. Comment peut-on vivre sereinement quand, adolescente, notre mère nous abandonne ?
Je sais qu’il ne faut pas comparer. Mais juste avant, dans le même genre, j’avais lu « Un héros », de Félicité Herzog, qui raconte, elle, ses relations avec son père. Ce roman, également autobiographique, m'a moins touchée.
Je ne vais rien dévoiler de plus quant au récit de Nathalie Rheims, préférant laisser le lecteur découvrir par lui-même. J’ajouterai simplement que cette poignante histoire se mêle à la vie d’une famille de banquiers très célèbres, dont le nom n’est, pourtant, pas une seule fois cité.
Lorsque Nathalie Rheims sera invitée sur un plateau de télévision, ou ailleurs, je la verrai, dorénavant, d’une autre manière…
Automnale
Nathalie Rheims - Laisser les cendres s'envoler
Editions Léo Scheer
Photographie : Renée - La chambre bleue
Chambre de George Sand à Nohant
http://www.flickr.com/photos/_renee_/
Dans une maison bleu lavande,
Tel Frédéric pour George Sand,
J'esquisse valses, partitions,
Une sonate, une chanson.
Toi, tu me voulais romantique,
Tu me voulais mélancolique.
Pour le mystère de tes yeux,
Le camaïeu de tes cheveux,
Je dessine des impromptus
Et des nocturnes éperdus.
Sur ton corps, j'effeuillais des roses.
Toi, tu me voulais virtuose.
Dans une maison bleu lavande,
Tel Frédéric pour George Sand,
J'imagine Valldemosa
Ou les orangers de Palma.
Deux amants enfin réunis,
Au crépuscule de leur vie.
Mais je ne suis qu'un baladin,
Loin du clavecin de tes seins,
Et seule l'âme du piano
Ose parfois dire "Maestro".
Je suis un chantre de trois sous,
Un faux Chopin, un tourlourou.
Dans une maison bleu lavande,
Tel Frédéric sans George Sand,
Je vais fermer le vieux piano.
Notre duo était trop beau.
Et pourtant, je suis romantique.
Pourtant, je suis mélancolique.
Automnale
COMPOSITION MUSICALE : JEAN-MARIE DJIBEDJIAN
INTERPRETATION : SOSSO et JEAN-MARIE DJIBEDJIAN
Camille Pissarro - La cueillette des pommes à Eragny-sur-Epte, 1888
Huile sur toile - 61 X 74 cms
Dallas Museum of Art
LE 1ER DECEMBRE EST UN GRAND JOUR !
En effet, il y a exactement 100 ans, naissait une petite fille
qui allait devenir la célèbre rappeuse des Alpilles...
Tous les amis de la résidence des centenaires des escapades
se joignent à moi pour souhaiter à Marie
un très heureux anniversaire.
Ils profitent de ce jour mémorable pour lui dire
combien ils apprécient sa tonique présence...
Automnale
Le golf des lavandes à Digne-les-Bains
Elle était au départ, genoux fléchis, cambrée,
attendant le starter, pensive et concentrée,
un gant à la main gauche et la tête immobile.
Sous sa large visière ornée d'un crocodile,
l'ombre délimitait son beau visage en deux.
D'autres voyaient son cou, sa bouche, ses cheveux,
mais moi je n'avais d'yeux que pour ses yeux, ses yeux,
qui n'avaient d'yeux que pour cette petite balle.
D'un swing souple, félin, d'apparence banale,
elle envoya sa balle au loin sur le fairway,
puis tirant son chariot elle avança, sereine,
sous sa large visière sa tête divisée,
mi-ombre, mi-soleil, se contractant à peine,
elle fixa la balle et sans lever les yeux,
dans le bunker d'avant l'expédia en deux.
Alors plantant ses pieds dans le sable doré,
sans regarder autour d'elle, sans émotion,
elle en sortit la balle en trois, en explosion,
et la suivit des yeux jusqu'au trou, là, très près.
Tee 1, tee 2, tee 3, tee 4, à chaque fois,
avec un jeu parfait et des gestes tranquilles,
sous sa large visière ornée d'un crocodile
l'ombre cachait le haut de son charmant minois.
Les autres regardaient la base de son cou,
ou le bout de son nez, ses lèvres ou ses joues,
mais moi je n'espérais rien d'autre que ses yeux,
ses yeux toujours voilés. Unique idée en tête :
parvenir sur le green en trois, en un, en deux,
ainsi pour chaque trou et jusqu'au trou dix-sept.
Comme on s'y attendait elle fit un birdie,
paraissant détachée et pourtant assez fière,
et toujours je cherchais sous la large visière
à découvrir enfin ses yeux qui m'avaient fui.
Sur le green du dix-huit, au soleil, très facile,
son putt rentra le par. Puis d'un geste élégant
elle ôta sa visière ornée d'un crocodile.
Plus d'ombre sur ses yeux, lumineux, éclatants,
si purs, si transparents, si bleus, si bruns, si noirs,
vous ne saurez ! Radieuse elle m'a souri
et a plongé ses yeux si fort sur mon regard
que j'en fus, un instant, éperdu, ébloui,
que j'ai baissé les miens jusqu'à ses pieds, en bas.
Alors, très lentement, je les ai remontés
de ses souliers à point's, en suivant ses mollets,
tout au long de ses jamb's jusqu'à son bermuda,
mes yeux ont dessiné le contour de ses hanches
pour s'immobiliser sur son t-shirt sans manches,
et là j'ai lu inscrit, plus haut, sur sa poitrine,
à la place du coeur, ces trois mots : GOLF DE DIGNE !
Georges Guigou
Dans la grande maison d'Eglantine,
Les volets se sont fermés.
Dans le matin léger, Eglantine
Pour toujours s'en est allée...
Pour toujours s'en est allée...
Et l'enfant veuf,
Superbe dans ses habits de velours,
L'enfant veuf
Pleure sur son premier chagrin d'amour.
Nous n'irons plus jamais
Dans les grandes allées qu'elle aimait
Pour cueillir en bouquet
Les roses transparentes de mai.
Sous son ombrelle,
Ma fiancée,
Qu'elle était belle.
Je l'avais toute à moi,
Ma mie, ma divine.
Elle riait de ses bavardages
Et partageait ses secrets.
Elle disait : "Mon enfant sauvage,
Mon chéri, mon adoré,
Mon tout petit fiancé".
Contre cent mille,
Sans épée, sans chevaux et sans armée,
Pour Eglantine,
Il guerroyait des caves aux greniers.
De la cuisine offerte,
Montaient l'odeur du pain grillé,
Le goût des pommes vertes
Mêlées aux myrtilles écrasées.
Dans le jardin,
Sa fiancée,
Qu'elle était belle,
Sa tendresse,
Sa mie, sa divine.
Dedans le grand salon d'Eglantine,
Les roses sont effeuillées.
Sur le piano, quelques sonatines
Commencées, inachevées...
Commencées, inachevées...
Et l'enfant triste,
Superbe dans son habit de velours,
L'enfant triste
D'un doigt, rejoue la valse des amours.
Sous le lustre en cristal,
Elle le tenait dans ses bras.
C'était son premier bal,
C'était hier,
Que c'est loin déjà...
Sous sa dentelle,
Sa fiancée,
Qu'elle était belle...
Ils ne danseront plus jamais,
Plus jamais.
Dans la grande chambre d'Eglantine,
L'enfant s'est agenouillé.
Sur le lit blanc, repose Eglantine.
Il a posé un baiser,
Au bout de ses doigts glacés.
Le pays où tu vas,
Où l'on ne va pas quand on est petit,
Le pays des parents,
Où j'irai aussi quand je serai grand,
Aura-t-il des prairies,
Des chevaux blancs ?
Est-ce loin ce pays ?
Oh ! Emmène-moi,
Dis, grand-mère.
Sur la grande maison d'Eglantine,
Le portail s'est refermé.
C'est fini, c'est fini,
Eglantine
Pour toujours s'en est allée,
Pour toujours s'en est allée.
A pas lents,
Derrière de grands chevaux de velours,
Un enfant
Pleure sur son premier chagrin d'amour.
Oh ! Ma grand-mère
Comme je l'aimais.
Sous sa dentelle,
Ma fiancée,
Qu'elle était belle...
Oh ! Grand-mère
Pourquoi m'as-tu quitté ?
Sur la grande maison d'Eglantine,
Le portail s'est refermé...
Le portail s'est refermé...
Barbara
Musique et interprétation : Barbara
La véritable rose Nini
Tu l'appelais Nini
Elle était ton amie
Trop tôt elle est partie
Mais avant son départ
Venus lui dire adieu tu me l'as présentée
N'avait-elle pas prédit notre rencontre ?...
Moi je revois encore
Dans son visage amaigri
Posés sur moi ses yeux si bleus
Et son regard si clair
Semblant se demander
Si enfin j'étais "la bonne"
Celle qu'elle t'avait prédite...
Tu l'appelais Nini
Et tu avais planté dans notre jardin
Une rose défleurie
Naufragée d'un bouquet que tu m'avais offert ;
De la tige encore verte a jailli une pousse
Emerveillé tu l'as contemplée et m'as déclaré :
"Je l'appellerai la rose Nini !"
Elle s'appelle Nini
C'est notre amie la rose
Et sa première fleur
Un matin d'été fut éclose
Un jour anniversaire
Celui de ton amie Nini
- Ne riez pas, c'est la pure vérité !
Je n'ai rien inventé -
Une rose qui semble dire au-delà de la vie
Que l'amour est plus fort que la mort,
Une rose... en forme de coeur.
Chris Laure
Chris Laure - La grève de la Tremblade
Huile sur toile - 40 cms X 40 cms
http://chrislaure.over-blog.com/
VOUS ETES, ICI, SUR LA PLAGE DE CHRIS !
Chris est une artiste complète.
Elle dessine, souvent de façon humoristique.
Elle peint. Vous pouvez la voir l’été, entre autres sur le port de Royan.
Elle peint, disais-je… Même avec les pieds.
Elle écrit. Elle a publié plusieurs livres.
Elle chante, fait chanter et parler.
Bref, pour Chris, la création est une respiration.
Chris est mon amie. C’est une originale, avec mille et une idées dans son sac et un coeur gros comme une maison.
Je suis heureuse et fière de lui ouvrir sa plage sur le blog des escapades.
Automnale
P.S. – Chris est donc chaleureusement invitée à écrire, sur sa plage, ce qui lui plaira… Ses propres créations ou autres… Si j’ai un coup de cœur, je me ferai un plaisir de le publier à la Une.
Où vas-tu beau geôlier
Avec cette clé tachée de sang
Je vais délivrer celle que j'aime
S'il en est encore temps
Et que j'ai enfermée
Tendrement cruellement
Au plus secret de mon désir
Au plus profond de mon tourment
Dans les mensonges de l'avenir
Dans les bêtises des serments
Je veux la délivrer
Je veux qu'elle soit libre
Et même de m'oublier
Et même de s'en aller
Et même de revenir
Et encore de m'aimer
Ou d'en aimer un autre
Si un autre lui plaît
Et si je reste seul
Et elle en allée
Je garderai seulement
Je garderai toujours
Dans mes deux mains en creux
Jusqu'à la fin des jours
La douceur de ses seins modelés par l'amour.
Jacques Prévert