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il se passe des choses incroyables sur un modeste blog ! non seulement il est question de la servante du châte
Par escapadeautomnale, le 23.05.2013
merci rolland et escapadeautomn ale, pour ces délicieux souvenirs,
en particulier pour saturnin, le canard
Par Sémonide d'Amorgos, le 23.05.2013
ricet barrier c'était la voix de saturnin.le canard....
Par Rolland++Bosc, le 23.05.2013
ah ! oui, rolland... ricet barrier, je me souviens de la servante du château ! peut-être la publierai-je proch
Par escapadeautomnale, le 22.05.2013
a cette epoque je travaillais au brumell à toulouse
la pianiste fé fanon s'appelait darsy
j.dulac , g.che
Par Rolland++Bosc, le 22.05.2013
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Date de création : 24.01.2011
Dernière mise à jour :
22.05.2013
546articles
Gustave Caillebotte - Les jardiniers, 1875/1877
Huile sur toile - 0,90 cms X 1,17 m
Collection privée
Paul Cézanne - Montagne Sainte-Victoire au grand pin, 1887
Huile sur toile - 67 X 92 cms
Courtauld Institute Gallery, London
Nicodi - Automne en Beaujolais
Huile au couteau sur toile - 70 X 70 cms
http://www.nicodi-peintre.odexpo.com/?lg=
BEAUJOLAIS, 1946
Cet été furieux, interminable, renaissant de ses flammes, cet été qui ne ressemble à aucun été, qui rendit la Normandie pareille à une Ardèche incendiée, la Bourgogne à un désert d’alfa, qui montra le fond sec de tous les torrents, la vase des étangs où mouraient les grenouilles et pâmaient les poissons -, cet affreux été responsable de tant de nos indigences, c’est maintenant qu’au terme des nuits froides il commence à faire bon penser à lui. Non pour lui pardonner, il est inexcusable. Sa sauvagerie dès l’aube… La soif des animaux, la faim des herbivores… L’homme qui versait l’eau d’un petit arrosoir sur un champ de choux, un des grands champs qui les bonnes années sont l’honneur de la banlieue, un homme tout seul parmi dix mille choux en train de jaunir. Et la vache qui avait, en tirant brin à brin sur les chaumes, mangé douze kilos de terre, et qui en est morte… Et…
Non, je ne pourrai jamais forger des souvenirs aimables à l’aide de telles images. Elles noircissent, elles calcinent mon procédé favori de rêverie et de plaisir. Quarante et un degrés rue de Beaujolais, dès midi, et trente-sept à deux heures du matin ; comme ça paraît loin, quand par ma fenêtre haute, entrouverte, l’air de décembre s’avance vertical, blanchi de grésil fin qui nimbe, un court moment, mon fanal bleu de la nuit et du jour. Quelques secondes suffisent à installer le froid dans ma chambre. Vite ! jetons-nous, sans bouger, jetons-nous dans ce que l’été nous consentit de moins âpre, d’inépuisé, vers ce qui mouille la bouche, teint la main et la robe, tient lieu de source et de rosée ; jetons-nous vers la récompense, imprévue et bien réelle que je reçus au centre du féroce été : la vendange sur les coteaux de Brouilly.
Le pire, pour une arthritique de ma sorte, n’est certes pas le déplacement, s’il s’opère en automobile. Le pire, c’est dix pas dans l’appartement, c’est cinq mètres au bord du jardin, c’est la nuit rompue par les franches et soudaines et mordantes douleurs, et le geste étourdi, jeune, vif, qui prétend ramasser la canne, atteindre le livre -, ô jeunesse invétérée, agilité devenue purement mentale, et châtiée dès qu’elle tire sur sa laisse ; escaliers descendus dans l’humiliation et la ruse : ne m’arrêté-je pas en croisant un inconnu, ne feins-je pas, immobile, de chausser un gant, de fouiller mon sac ? L’inconnu franchi, je ris de moi et de mes vieilles petitesses…
Mais mettez-moi dans une voiture, coussin de-ci, coussin de-là, et roulez ! Vous n’entendrez plus parler de moi pendant un bon ruban de kilomètres. Autrefois, c’était la Chatte qui décidait, d’un bâillement d’appétit, d’une inquiétude de sa vessie, que nous arrêtions notre arche. Elle mangeait très peu en voyage, craignait le mal de mer… Une bouchée à Saulieu, une lapée à Vienne, entre-temps une herbe rafraîchissante. Mes exigences sont moins discrètes que ne furent les siennes. Avec elle, nous n’avions pas achevé la collation au bord d’un bois, qu’elle demandait à regagner « sa » voiture, pour mettre en ordre sa toison bleue, comme un orage d’ouest.
Je disais donc -, je me disais, je m’écrivais donc qu’une décision suprême, émanée de mon meilleur ami, m’embarqua comme faire se pouvait par une aube qui sentait l’incendie, l’asphalte fondant et le ruisseau altéré, et notre trajet visa les coteaux du Rhône. Leurs petits raisins, serrés, sont moins décoratifs que le picardan opulent de la Provence, qui traîne sous les ceps des appas de six livres, et tient aux lézards le ventre frais.
Que pouvais-je réclamer de la vendange beaujolaise ? La torride chaleur invariable, mon impotence, tout devait me séparer d’une aussi rude fête. Je me serais contentée du son dont elle couvrait les collines, des chars grinçants sur la petite route au long de laquelle je dormais mon sommeil du matin. Les voix embrumées de fatigue matinale s’éveillaient au haut de la vigne voisine, descendaient, descendaient selon que montait le soleil. J’imaginais la récolte lente, les paniers pleins, la soif qui croit se satisfaire en mordant la grappe, et qui s’attise… Je refoulais le persistant été de l’autre côté des persiennes closes, du côté de l’astre, des mouches, des guêpes folles, des menthes poussiéreuses, du côté où l’on voyait luire un tesson miroitant de Saône, tombé au loin dans un vallon. Je patientais. J’écoutais les rossignols de muraille froisser les lierres au-dessus de la vasque et couper le fil de la source…
Mais j’eus mieux. L’amitié peut beaucoup. Une chaîne de bras me remit un jour dans l’auto, et j’abordai le Vin au secret d’une de ses chambres intimes, dont je pensais ne jamais passer le seuil.
Dans le sein frais de la colline il me reçut sans que je misse pied à terre. C’est moi qui sur mon char faisais figure de conquérante. Les grandes portes rabattues, le Cru semblait retiré à même une grotte, et de son haut plafond il me jeta ensemble une chape glacée d’air immobile, la divine et boueuse odeur des raisins foulés, et le bourdonnement de leur ébullition. Cent mètres de voûtes s’étoilaient de lampes ; les cuves rejetaient par-dessus leurs bords la bave rose en longs festons ; un attelage de chevaux pommelés, bleuâtre dans la pénombre, mâchait nonchalamment des grappes tombées ; l’âme du vin nouveau, lourde, à peine née, impure, se mariait à la vapeur des chevaux mouillés.
Une main brandit vers moi, au bout de son bras invisible, la tasse d’argent qui berçait, sur les stries et les bosses de la ciselure, une étincelle rouge : « Un quarante-quatre parfait, Madame. Mais revenez goûter le quarante-sept quand il en sera temps ! Il n’aura rien à envier à celui-ci. »
Revenez… Comme revenir paraît probable, et facile, quand sous l’arc de la grotte qui barre le passage à la chaleur on tient entre les lèvres le bord froid de la tasse pleine…
Autour de moi on pensa que le grand vin, la caverne étoilée et l’ombre de la colline constituaient peut-être des antidotes, et nous prîmes à la nuit, un autre jour, une autre route, gravîmes un autre coteau. L’ombrage cette fois était d’une glycine agrippée aux quatre côtés d’une cour, issue d’un seul tronc, en python tors, qui montait énorme et se perdait dans son propre feuillage. La cour couverte, éclairée de phares, résonnait de voix, de roues, de pas lourd-chaussés, car les quarante vendangeurs du domaine descendaient à leur repas, escortés de leur gaillarde et vineuse odeur. J’aurais bien voulu les suivre… Notre collation froide, au rez-de-chaussée, fêta les jambons largement margés de lard, les saucissons qui fleuraient le harnais neuf, et certain fromage dit « fort » qui provoque la soif et ne la laisse pas s’éteindre.
A tout labeur, tout honneur : en bas, quarante vendangeurs avaient la meilleure table, servie d’omelettes, de veau, de poules, de cochon, et arrosée de ce vin qui comme les plus beaux rubis garde claire, aux lumières, sa sanguine et franche couleur.
Si on ne la force ni ne la prolonge, c’est une fatigue assez douce que versent l’été, la nourriture sans reproche, un grand cru dans sa jeunesse, et la nuit, fût-elle sans rosée. Dans la cour, au départ, sous les phares tournants, la glycine énorme tordait ses spires vivantes.
Mais comme nous partîmes parmi les premiers, je pus ne goûter que des bruits fins, échappés au grand silence qui recouvrait peu à peu le coteau ; - vols d’élytres heurtés aux lampadaires de l’entrée ; fers d’un cheval dételé qui écrasent le chemin de traverse et surtout, délicieuse à entendre, invisible et révérée, la source, la fidèle, la dernière où pussent boire, cette année, mont haletant et vallon tari.
Colette
Le fanal bleu
LES BELLES ETRANGERES
Les belles étrangères,
Qui vont aux corridas
Et qui se pâment d'aise
Devant la muleta,
Les belles étrangères,
Sous leur chapeau huppé,
Ont le teint qui s'altère
A l'heure de l'épée.
Allons, laissez-moi rire,
On chasse, on tue, on mange,
On taille dans le cuir
Des chaussures qu'on s'arrange,
Et dans les abattoirs,
Où l'on traîne les boeufs,
La mort ne vaut guère mieux
Qu'aux arènes le soir.
Les belles étrangères,
Quand montent les clameurs,
Se lèvent les premières
En se tenant le coeur,
Les belles étrangères
Se jurent à jamais
De chasser Ordoñez
De leurs rêves secrets.
Allons, laissez-moi rire,
Quand le toro s'avance,
Ce n'est pas par plaisir
Que le torero danse,
C'est que l'Espagne a trop
D'enfants pour les nourrir,
Qu'il faut parfois choisir
La faim ou le toro.
Les belles étrangères,
Végétariennes ou pas,
Quttent leur banc de pierre
Au milieu du combat,
Quittent leur banc de pierre
Au milieu du combat.
Michèle Senlis
Musique et interprétation : Jean Ferrat
Photographie : Francoeur
http://francoeur.over-blog.com/
LAISSE-MOI !
Non, laisse-moi, je t'en supplie ;
En vain, si jeune et si jolie,
Tu voudrais ranimer mon coeur :
Ne vois-tu pas, à ma tristesse,
Que mon front pâle et sans jeunesse
Ne doit plus sourire au bonheur ?
Quand l'hiver aux froides haleines
Des fleurs qui brillent dans nos plaines
Glace le sein épanoui,
Qui peut rendre à la feuille morte
Ses parfums que la brise emporte
Et son éclat évanoui !
Oh ! si je t'avais rencontrée
Alors que mon âme enivrée
Palpitait de vie et d'amours,
Avec quel transport, quel délire
J'aurais accueilli ton sourire
Dont le charme eût nourri mes jours.
Mais à présent, ô jeune fille !
Ton regard, c'est l'astre qui brille
Aux yeux troublés des matelots,
Dont la barque en proie au naufrage,
A l'instant où cesse l'orage
Se brise et s'enfuit sous les flots.
Non, laisse-moi, je t'en supplie ;
En vain, si jeune et si jolie,
Tu voudrais ranimer mon coeur :
Sur ce front pâle et sans jeunesse
Ne vois-tu pas que la tristesse
A banni l'espoir du bonheur ?
Gérard de Nerval
Vincent Van Gogh - La Méridienne ou La Sieste, d'après Millet - 1889/1890
Huile sur toile - 73 X 91 cms
Paris, Musée d'Orsay
Giuseppe Verdi
LA TRAVIATA
La Traviata (La Dévoyée) est un opéra en trois actes de Giuseppe Verdi, créé, en 1853, à La Fenice de Venise.
Le livret, en italien, de Francesco Maria Piave, concentrant l’action en trois actes et quatre tableaux, reprend le canevas de la pièce qu’Alexandre Dumas fils avait lui-même tirée de son roman « La Dame aux Camélias ». Les quatre tableaux dépeignent la gloire et la déchéance d’une courtisane au grand cœur, Violetta Valéry, équivalent lyrique de la Marguerite Gautier d’Alexandre Dumas, elle-même calquée sur la courtisane Marie Duplessis dont Dumas était éperdument épris.
En dépit de débuts difficiles, dûs à une mauvaise distribution, cette œuvre est devenue l’une des plus jouées dans le monde.
Après avoir rencontré le jeune provincial Alfredo Germont, lors d’une de ses nombreuses fêtes, Violetta abandonne les salons et les aristocrates qui l’entretiennent pour vivre, dans une propriété à la campagne, le grand amour avec le jeune homme. Mais le père d’Alfredo, Giorgio Germont, vient rendre visite à la jeune femme afin de lui demander de renoncer à son fils, leur liaison scandaleuse compromettant le mariage de la sœur d’Alfredo. Violetta résiste, puis accepte et reprend sa vie de courtisane sans rien révéler des causes de ce revirement à Alfredo. Ce dernier, meurtri, l’humilie publiquement. Il apprendra la vérité et la retrouvera trop tard, gravement atteinte de phtisie. Violetta meurt dans ses bras.
Le morceau emblématique est ce « Chœur des bohémiennes » (Coro di zingarelle), justifié par la peinture frivole des salons parisiens. Souvent, dans ses opéras, Verdi aime, dans les moments de tension, faire décompresser l’auditeur par des scènes joyeuses. Il n’est pas Italien pour rien ! Ici, des bohémiennes débarquent dans une fête. Elles lisent l’avenir et le passé d’un marquis, coureur de jupons, amant de Violetta.
Parmi les interprétations de Violetta se détache celle de Maria Callas dont la performance le 28 mai 1955 à la Scala de Milan, sous la direction de Carlo Maria Giuilini et dans la mise en scène de Luchino Visconti, reste inoubliable.
Théâtre de la Fenice, 1992
Direction Carlo Rizzi
CHAMBRE DE LA DOULEUR
La porte est bien fermée
Une goutte de sang reste encor sur la clé
Tu n'es plus là mon père
Tu n'es plus revenu de ce côté-ci de la terre
Depuis quatre ans
Et dans la chambre je t'attends
Pour remmailler les filets bleus de la lumière
La première année j'eus bien froid
Bien du mal à porter la croix
Et j'usai mes belles mains blanches
A raboter mes propres planches
Déjà prêt à partir sans toi
Puis ce fut le printemps la pâque
Je te trouvai au fond de chaque
Sillon dans chaque grain de blé
Et dans la fleur ouverte aux flaques
Impitoyables de l'été
Jamais plus les oiseaux n'entreront dans la chambre
Ni le feu
Ni l'épaule admirable du soir
Et l'amour sera fait d'autres mains
D'autres lampes
Ô mon père
Afin que nous puissions nous voir.
René Guy Cadou
Suissesses : je suis épouvanté
par la quantité de "s"
absorbés par ce simple mot
Alphonse Allais
Franck Gervaise - Tempête sur Ouessant
http://franckgervaise.canalblog.com/
TEMPETE
L'hiver a libéré ses ouragans qui grondent
qui soufflent sur les plages et les quais désertés
et qui gonflent les vagues en moins d'une seconde
et font siffler les mâts des bateaux amarrés.
Marin en sa maison ne dort que d'un oeil
Il va passer la nuit auprès de ses enfants
Marin en son foyer n'a pas franchi le seuil
Il écoute pourtant la tempête sur Ouessant.
D'être si tourmenté l'océan est colère
et va gifler la grève et la digue du quai
il attaque rageur l'épave centenaire,
qui des coups de butoirs s'en trouve fracassée.
Marin en sa maison ne dort que d'un oeil
Il va passer la nuit auprès de ses enfants
Marin en son foyer n'a pas franchi le seuil
Il écoute pourtant la tempête sur Ouessant.
L'ancêtre maintenant ne lui fait plus entrave
et pour mieux le briser il vient le retourner
de sa vie de chalut il a tourné la page
en ce soir de décembre sur ce port isolé.
Marin en sa maison ne dort que d'un oeil
Il va passer la nuit auprès de ses enfants
Marin en son foyer n'a pas franchi le seuil
Il écoute pourtant la tempête sur Ouessant.
Jean-Louis Lucas
Composition musicale et interprétation : Julian Renan