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Date de création : 24.01.2011
Dernière mise à jour :
21.05.2013
545articles
Elisa Cook - Le rêve d'Icare - Huile sur toile
http://www.galerie-com.com/artiste/elisa-cook/1251/
J'ai vécu un rêve et il s'est envolé,
Comme une parole brève, le vent l'a amené.
J'ai vécu un rêve, il était merveilleux,
Mais ce rêve s'achève et je suis malheureux.
J'ai vécu ce rêve encore tout éveillé,
Dans ce jour qui s'achève, sans rien avoir compris.
J'avais pourtant mis en moi, tout de mon côté,
J'avais confiance en toi et tu l'as emporté.
Voilà ce joli rêve un soir a disparu,
Comme une parole brève, pour le nom de Jésus.
La vérité, que tu as ignorée,
C'est que tu vis un rêve, tu ne peux le chasser.
Ce rêve qui s'achève sur un malentendu,
Sur une parole brève, sur un amour déçu.
N'entends-tu pas la plainte qui monte de mon coeur,
Comme une parole sainte ; Rêve venu d'ailleurs.
14 mai 1998
Daniel Vaukaire
http://lavieetlamour.centerblog.net/
Photographie : Nicolas Descamps
La fontaine Carpeaux, Paris
http://www.mabellephoto.com/photo-art-descampsnicolasfreefr-h40601.htm
L’EAU DE CHLORE
Cette chanson est le parcours autobiographique d’une femme, seule avec un enfant, qui déambule dans les rues de Paris en plein cœur de l’été, sans un sou en poche, un recueil de poèmes de Jacques Kerouac à la main.
Cette femme croise les gamins des rues, trop pauvres pour partir voir la mer, et qui s’époumonent dans l’eau chlorée des piscines.
Elle se protège de la chaleur à l’ombre des terrasses de cafés où les limonades et les verres de lait ont un goût de javel.
Et malgré la pollution des grandes villes, le soleil de l’été laisse des traces de brûlures indélébiles sur la peau.
« L’Eau de Chlore » a été sélectionnée, en janvier 2012, par France Bleu/Radio France dans la catégorie « Bijou du Net » et, cet été, sur la playlist de la radio « Entre Deux Mers ». Ce morceau a également été publié sur les sites du magazine Edwarda et du magazine H20 consacré à l’eau.
Le clip de « L’Eau de Chlore » sera tourné prochainement par le réalisateur Adrien Lhoste. D’autres projets musicaux sont à venir, toujours sur la thématique de la femme confrontée à de nombreuses adversités au sein des grandes villes.
Musique : Mathias Desmier
Texte et interprétation : Caroline-Christa Bernard
Nés entre 1935 et 1965, NOUS SOMMES PLUS FORTS !!!
Premièrement, nous avons survécu à l'accouchement par des mères dont la plupart fumaient ou buvaient du vin pendant qu'elles étaient enceintes. Elles prenaient des aspirines, mangeaient de la vinaigrette, des desserts, et n’étaient pas testées pour le diabète et le cholestérol. De fait, la plupart d’entre elles sont encore là, ou mortes à plus de 85 ans.
Après ce traumatisme.... on s'endormait n'importe où, on nous couchait sur le ventre dans des lits à paillasse, dans des chambres peintes au plomb. Faut dire qu'il ne nous venait pas à l'idée de bouffer les écailles des vieux murs...
Nous n'avions pas de serrures aux portes. Lorsque l'on faisait de la bicyclette, on avait des casquettes, et pas des casques de protection.
Bébés et enfants, on nous emmenait dans de vieilles guimbardes sans clim, sans ceintures, ni siège pour bébés, ni airbag. Etre dans la benne arrière d’une camionnette, par une belle journée d’été, était toujours quelque chose d’extraordinaire. Nous buvions l’eau directement de la fontaine et, depuis l’eau courante dans les maisons, les tuyaux étaient en plomb. Nous mangions des gâteaux secs, du pain rassis, du vrai beurre, du saindoux, du lard. Nous buvions du chocolat avec du vrai sucre. Et nous n’étions pas obèses. POURQUOI ? Parce que nous étions toujours en train de bouger, de jouer dehors…
Nous sortions de la maison le matin pour jouer toute la journée au grand air, à condition d'être revenus quand les lampadaires s'allumaient.
Nous prenions des heures à construire nos planches à roulettes avec lesquelles nous descendions les côtes, sans freins. Après avoir foncé dans les buissons une paire de fois, nous avions appris à gérer les problèmes.
Nous n'avions pas de Playstation, Nintendo, X-box, iPod.. Il n'y avait pas de jeux vidéo, pas 150 canaux au câble, pas de films vidéo ou dvd, pas de son stéréo ou de cd, pas de portable, pas d'ordinateur et pas d’Internet.
NOUS AVIONS DES AMIS et nous sortions dehors pour les retrouver, pas des amis inconnus sur réseau social !
Nous tombions des arbres, en faisant le parachute, on se coupait, on se cassait des os, des dents et il n'y avait pas de poursuites judiciaires pour cela.
On nous offrait des fusils à plomb pour notre anniversaire, faisions des jeux avec des bâtons et des balles, des lance-pierres, des épées, des arcs et flèches, des fléchettes, nous jouions avec des radeaux de fortune sur les rivières, nous faisions des pistes de glissade sur les inondations des prairies gelées, nous allions à l’école en culottes courtes par tous les temps, nous sautions et plongions des souches d'arbres dans des rivières sans maître-nageur syndiqué, nous bricolions avec toutes sortes d'outils réputés dangereux des ateliers de nos parents, nous jouions avec des pétards à mèches, nous fumions des P4 à l'unité, nous sucions toute la journée des boites de coco (pas de coca) ; aux heures les plus chaudes, les lessiveuses étaient nos plus belles piscines, nous descendions à toutes allures les côtes en herbes des vergers sur des plaques de linoléum ou balatum en guise de luge. Les soirées exceptionnelles de grandes chutes de neige, nous avions la permission de jouer à la lueur des réverbères dans les rues enneigées, glissades et traineaux en bois fabriqués le jour même, avec des vieilles planchettes et des cerclages métalliques d'emballages pour patins, occupant notre temps et gelant nos mains violettes sans gants ; et même si on nous disait que tout pouvait arriver, nous sommes, pour la plupart, toujours là.
Nous roulions sur nos vélos sans frein ou marchions jusqu'à la maison du copain de classe ou de quartier et frappions à sa porte ; on entrait simplement, et nous étions très bien accueillis.
L'idée que nos parents auraient un jour à nous faire sortir de prison était inconnue, ils étaient AVEC la loi. L'idée que nos parents puissent être contre l'avis de l'instituteur, du professeur, du policier, du gendarme, du maire, du curé, qu'ils puissent en venir aux mains ou aux insultes était inimaginable.
Au service militaire, et avant en colo ou au patronage, nous avons appris à vivre ensemble en nous respectant, même si les bagarres étaient saignantes, elles ne finissaient pas au couteau ou à la kalachnikov.
Ces générations ont produit quelques-uns des meilleurs preneurs de risques, têtes pensantes et inventeurs de tous les temps, chefs d'entreprises, souvent autodidactes au bon sens débordant. Ces 50 années ont été une explosion d'innovations et nouvelles idées. Nous avions la liberté et la peur de l'échec, le succès et les responsabilités qui vont avec, mais nous avons appris comment gérer tout cela. Si vous êtes de ceux-là, si vous vous reconnaissez… FELICITATIONS !
Peut-être que vous voulez partager ceci avec d'autres qui ont eu la chance de grandir avant que les avocats ne viennent tout règlementer, avant que les « médias » ne prennent tant de plaisir à faire trembler les chaumières de leurs scoops dramatiques, sans certitudes...juste pour le fun et le fric.
Comme la vie était belle, limpide, parfois rude mais combien nous étions heureux !
Appliqués sur le papier
Se tracent quelques mots
Poème envolé
Ou bien purs sanglots
Que l'aimé recevra
Quand on sera bien loin
Que l'aimé relira,
Mouchoir serré au poing...
Babayaga
Tout est détraqué dans notre monde : le temps, les gens, même les objets. Nous achetons pourtant ces derniers avec la garantie d’un bon fonctionnement.
Oui, ma balance raconte des inepties.Voilà que, ce matin, l’envie lui a pris d’afficher des chiffres abracadabrantesques. A l’aise, la mémère ! Et cela parce qu’elle est neuve. Certes, elle avait fière allure dans son bel apparat blanc et alu ! Etait-ce une raison de me narguer ? Moi qui lui faisais les yeux doux, de ma hauteur, en petite tenue. Elle aurait pu avoir un brin de décence. Eh ! Bien, non, avec insolence, cette fétichiste des pieds - parce qu’elle ne voit que cela - m’a envoyé, en pleine figure, entre mes deux gros panards, un ticket de non retour, avec des chiffres que je ne comprenais pas, des barres où il ne fallait pas. Ah ! On ne peut décidément avoir confiance en rien, ni en personne. Il n’y a pas qu’en politique que cela vasouille ! Quoi ? Soixante douze kilos ! Trois de plus ? Si, si, j’ai eu des idées de meurtre. - « Mais tu es grande, tu le sais », semblait-t-elle me dire. Et elle insistait, enfonçait le clou, tant et tant que j’en arrivais à me poser des questions sur mon acuité visuelle. Oh ! Et voilà qu’elle mit le chiffre en mémoire. Ah ! Non. Elle est tenace. Moi aussi. D’ailleurs, je lui concocte une revanche, un gros retour de bâton. Moi qui fais attention, qui compte et recompte, elle m'a envoyé, sans vergogne, son verdict en pleine tronche.
Dans la foulée, j’ai eu ma petite crise chocolatée. Je n’ai pu résister à mes truffes préférées, au chocolat noir et à l’orange. Oh ! Juste une seule, ce n’est pas bien grave. Elle a dû me trouver triste. Qui ? La truffe ? Oui. D’ailleurs, elle ne me faisait pas de reproches et son étiquette indiquait : « Cacao maigre et graisse végétale ». Pourquoi culpabiliserais-je ? Eh ! Bien, c’est que ma comptable à piles, à chaque fois que je mets un pied sur elle (les deux, n’en parlons pas !), me serine le contraire. Elle s’emballe, elle s’emballe, comme Ourasi au temps de sa splendeur. Elle répète, en boucle, qu’elle se souvient de tout ce qu’elle affiche. Ces engins, qui possèdent une mémoire infaillible, vous rappellent toujours quelque chose que l’on voudrait oublier.
Le chocolat, c’est excellent pour le moral. Cinq minutes de plaisir correspondraient-elles à cinq ans de regret ? En réfléchissant, je suis allée devant mon grand miroir, tortillant des hanches, me contorsionnant à la limite du tour de reins. Comme c’est dur, non seulement de se faire critiquer mais, en plus, d’en avoir la preuve par l’image !
Puisque c’est ainsi, je ne me poserai plus sur elle pendant un moment. Je vais la snober, l’ignorer, la laisser seule, la mettre debout pour la punir, la coincer entre un mur et un meuble, dans l’obscurité. Je vais me conduire avec elle de la même façon que l’on procède avec les enfants qui ont fait une grosse bêtise. Non, mais ! Et si, d’aventure, elle recommençait à me saper le moral, je lui promettrais la guillotine. Pas celle qui, jadis, tranchait les têtes. Je la confierais à la plus cruelle des bennes qui, avec ses grosses dents métalliques, en ferait de la charpie.
Bon ! Je suis en colère. Rien de tel, pour m’apaiser, qu’une deuxième truffe au chocolat et à l’orange !
Clématite