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Date de création : 24.01.2011
Dernière mise à jour :
25.10.2017
828 articles
Pierre-Auguste Renoir - Autoportrait, 1899
Huile sur toile - 41 cms X 33 cms
Williamstown, Massachussets - Sterling and Francine Clark Art Institute
PIERRE-AUGUSTE RENOIR
NAISSANCE D’UNE VOCATION
Années d’apprentissage : premiers amis
Renoir est né à Limoges le 25 février 1841. Son père, tailleur sans fortune, est venu s’établir à Paris avec sa famille, en 1845 ; Renoir avait quatre ans. Enfant consciencieux et intelligent, il semble particulièrement doué pour la musique. Enrôlé dans la maîtrise de l’église Saint-Roch, il est remarqué par Gounod, alors maître de chapelle de la paroisse, qui s’intéresse à lui, et lui donne des leçons particulières.
Très tôt, le gamin doit gagner sa vie. Il devient peintre sur porcelaine et son ambition est d’entrer à la Manufacture de Sèvres. Mais il est déjà préoccupé par ce qu’on appelait alors le « grand art », et dès qu’il a un instant de liberté, il court au Musée du Louvre se familiariser avec la peinture et la sculpture, éprouvant une nette prédilection pour les œuvres de la statuaire antique.
Devenu très habile dans son métier, Renoir gagnait bien sa vie et économisait la plus grande partie de son salaire afin de pouvoir, plus tard, se consacrer entièrement à la peinture. Il travaillait pour des commerçants de la rue de Paradis et des Boulevards. Un jour, au lieu de toujours se borner à copier ses modèles, il se risqua à peindre un motif de fleurs d’inspiration personnelle sur une tasse à café et la proposa à l’un de ses clients. Celui-ci en fut d’abord satisfait mais, lorsqu’il apprit que Renoir ne devait qu’à sa propre imagination le décor de cette tasse, il la refusa, déclarant dédaigneusement qu’il ne vendait que des copies « de style ».
Renoir le quitta assez dépité, mais quelque temps plus tard, retournant chez le marchand, il parvint à le persuader qu’il y avait eu malentendu et, qu’en réalité, le motif avait été inspiré par le décor d’un Sèvres ancien. Rassuré, le marchand acheta la tasse et en commanda deux douzaines.
Après les tasses et les assiettes, Renoir décora des éventails. Aucune femme n’aurait, à cette époque, imaginé de se rendre à une soirée ou à un bal sans emporter son éventail. Fêtes galantes, bergeries de salon, mythologies roses et bleues était les sujets à la mode. Renoir en trouvait les éléments chez Watteau et Boucher. C’est de cette façon qu’il commença à connaître, puis à étudier et à aimer, la peinture française du XVIIIème siècle pour laquelle il garda toute sa vie une grande prédilection.
Il lui arriva aussi de peindre des stores pour charcuteries et boucheries, et il fut même embauché, un certain temps, dans une entreprise où il eut à représenter des scènes religieuses sur des toiles transparentes destinées à servir de vitraux dans des églises de pays de missions.
Pour autant Renoir ne perdait pas de vue son but : être peintre. Ayant réussi à économiser un peu d’argent, il décide d’entrer à l’atelier Gleyre et de suivre les cours du soir de l’Ecole des Beaux-Arts. Toujours assidu au Musée du Louvre, il avait fait la connaissance d’un jeune peintre qui y exécutait des copies de maîtres : c’était Fantin-Latour.
Renoir a vingt-et-un ans lorsqu’il entre à l’atelier Gleyre.
Fixé à Paris depuis 1843, suisse d’origine, Charles Gleyre enseignait la peinture dans l’atelier de Delaroche à qui il avait succédé. Artiste médiocre, homme bourré de complexes, jamais il ne parvint à concilier son respect de la nature et son désir de l’épurer et de l’embellir. Il se méfiait de la couleur, qu’il jugeait sensuelle, immorale même, et n’acceptait pas que la peinture s’abaissât à reproduire les aspects de la vie quotidienne. La place de plus en plus grande prise par le paysage dans l’art contemporain lui apparaissait comme un signe évident de décadence. Aussi son enseignement était-il strictement limité à celui des principes académiques.
« Un monsieur en bois, l’air d’un mauvais ouvrier, l’intelligence d’un peintre gris, l’esprit terne et ennuyeux », tel est le portrait que tracent les Goncourt de Gleyre, à la suite de leur rencontre avec l’artiste chez Flaubert en mai 1861 ; il permet de comprendre facilement que ce n’était guère là le maître capable de soulever l’enthousiasme d’un jeune peintre.
A l’atelier Gleyre, Renoir ne tarde pas à se lier avec trois élèves dont il se sent proche par les goûts et les tendances, Claude Monet, Frédéric Bazille et Alfred Sisley.
Tous quatre admirent Delacroix, Courbet, Corot et Jongkind. Ils se sentent peu attirés par les sujets mythologiques et historiques, et souhaitent représenter aussi bien les scènes de la vie de tous les jours que la nature. Heureusement, en dépit de ses principes, Gleyre n’est pas un maître intransigeant et sa tolérance lui attache ses élèves, même si ses opinions les en éloignent. Ils le respectent pour son désintéressement, sa dignité, la sincérité de ses convictions. Des conflits néanmoins éclatent parfois entre Renoir et lui. Au cours de sa première semaine passée à l’atelier, Renoir a reproduit le modèle sans chercher à l’idéaliser. « C’est sans doute pour vous amuser que vous faites de la peinture ? » lui a demandé Gleyre assez sèchement. « Mais certainement, et si ça ne m’amusait pas, je vous prie de croire que je n’en ferais pas ! » répondit Renoir. Il en était de même, d’ailleurs, à l’Ecole des Beaux-Arts où Signol, partisan passionné de l’académisme le plus strict, avait sévèrement blâmé une étude que lui montrait Renoir. Il l’avait adjuré, devant l’éclat d’un certain rouge, de ne pas devenir un nouveau Delacroix.
Au printemps de 1863, Gleyre tombe gravement malade et il est menacé de cécité. Renoir et ses amis, devant la fermeture de l’atelier qui leur semble imminente, se laissent persuader, par Monet, de le quitter.
Cette même année, Bazille amène un jour chez Renoir Pissarro et Cézanne en les lui présentant comme « deux fameuses recrues », pour reprendre ses propres termes, et Manet fait scandale au Salon des Refusés de Mai, avec son Déjeuner sur l’herbe, après avoir exposé à la Galerie Martinet, boulevard des Italiens, Lola de Valence et la Musique aux Tuileries.Il va sans dire que Renoir, Monet et Bazille ont admiré ces œuvres et vu en Manet un maître. Ils ont en commun le même mépris de l’approbation des milieux officiels, de la critique, du grand public, du pseudo-classicisme et du froid démarquage de l’art des grands peintres italiens source de toute une peinture anecdotique d’une correction mesquine où tout sonne faux. C’est à Corot, à Courbet et à Manet que va leur admiration : eux, ont osé peintre avec une totale franchise. Sur leurs toiles, les êtres et les choses baignent dans une lumière vraie.
Si Renoir partage ces opinions, son amour de la couleur a développé en lui une admiration pour Delacroix qui n’est pas aussi absolue chez Bazille, Monet ou Sisley. Pour ces derniers, Delacroix restera toujours un romantique, un peintre des « grandes machines » historiques et le représentant d’un art dépassé. Renoir manifeste aussi un net penchant pour Diaz, auteur de ces paysages de la forêt de Fontainebleau d’une facture grasse et savoureuse, où les rayons de soleil éclaboussent les tronc et les feuillages, mais qui semblent à Monet, à Sisley et à Bazille recéler plus d’habileté que de sensibilité.
A la belle saison, Renoir et ses trois amis vont peindre des paysages à Chailly, petit village en bordure de la forêt de Fontainebleau. Ils logent chez le père Paillard, pour deux francs par jour. Déjà depuis une trentaine d’années, nombre de peintres, à l’exemple de Rousseau et de Millet, ont été attirés par les pittoresques des sites de Fontainebleau. Si les paysages que peignent alors les quatre transfuges de l’atelier Gleyre se ressemblent beaucoup, on discerne toutefois chez Monet l’influence de Courbet, chez Sisley et Renoir celle de Courbet et de Corot.
Un jour qu’il peignait sur le motif, en pleine forêt, des promeneurs se moquèrent de Renoir vêtu d’une vieille blouse. Survint alors un homme à jambe de bois qui les menaça à grosse canne. Regardant l’étude il s’exclama : « Ce n’est pas mal dessiné, mais pourquoi diable peignez-vous si noir ? ». Cet homme n’était autre que ce Diaz pour qui il avait tant d’admiration et qui se prit d’amitié pour lui, allant jusqu’à lui ouvrir un compte chez son marchand de couleurs.
Renoir eut aussi l’occasion de rencontrer Corot, mais il ne le fréquentait pas. « Il était toujours entouré d’une cour d’imbéciles, devait-il raconter plus tard, et je ne voulais pas me trouver pris là-dedans. Je l’aimais de loin ». Lorsque quelques années après il s’entretint avec Corot, celui-ci lui dit à propos de la peinture d’après nature : « On ne peut jamais être sûr de ce que l’on fait ; toujours il faut repasser par l’atelier ». Cette remarque, Renoir devait s’en souvenir vingt ans plus tard, quand il commença à se dire qu’en ne voulant peindre qu’en plein air un artiste s’imposait des entraves.
François Fosca
Renoir - L’homme et son œuvre
Editions Aimery Somogy, Paris
Pierre-Auguste Renoir - Les vignes à Cagnes, 1908
Huile sur toile - 55,2 cms X 46,4 cms
Brooklyn Museum, New-York
PIERRE-AUGUSTE RENOIR
Portrait de Claude Renoir peignant, 1907
ou Claude au chevalet
Huile sur toile - 55 X 46 cms
Collection privée
Pierre-Auguste Renoir - Terrasses à Cagnes, 1905
Huile sur toile - 46 X 55,5 cms
Collection privée
PIERRE-AUGUSTE RENOIR
JEUNES FILLES AU PIANO, 1892
Huile sur toile - 116 X 81 cms
Musée de l'Orangerie, Paris